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Le comédien est décédé à l’âge de 93 ans.

 

Plus grand second rôle du cinéma hexagonal, plus grand acteur de nanars, voix la plus célèbre… Michel Galabru aurait pu concourir dans plein d’autres catégories tant sa longévité à l’écran et le nombre de ses rôles (plus de deux-cents, on ne sait pas combien précisément) sont impressionnants et ont contribué à le rendre extrêmement populaire auprès du public français.

Né le 27 octobre 1922 à Safi, au Maroc, Michel Galabru entre au Conservatoire National d’Art Dramatique après la guerre, puis est admis à la Comédie Française en 1950. L’année suivante, il joue dans son premier film, Ma femme, ma vache et moi, comédie insignifiante de Jean Devaivre qui place d’emblée sa carrière sous le signe du nanar. Car Michel Galabru, sa filmographie en atteste, est l’incarnation de la comédie franchouillarde dans ce qu’elle a de moins noble. Visez les titres : La dernière bourrée à Paris, Y’a un os dans la moulinette, Le plumard en folie, Le Führer en folie, Arrête de ramer, t’attaques la falaise !, Le trouble-fesses… Chantre du pipi-caca, cador de la mesquinerie, héraut de l’obséquiosité, icône de la servilité, Galabru a principalement, tout au long de sa carrière, passé les plats ou servi d’exutoire à des stars en roue libre (Louis de Funès, Jean Lefebvre, Michel Serrault, Les Charlots, Bébel…).

De cette carrière gigogne, où un nanar chasse l’autre, on retient quelques grands faits d’armes : son interprétation vociférante de l’adjudant Gerber dans la série des Gendarme, son rôle de petit-bourgeois hypocrite dans Le Viager, celui du psychopathe Joseph Bouvier dans Le Juge et l’Assassin (qui lui vaudra le César en 1997), son papy qui fait de la résistance, ses apparitions auprès d’Adjani dans L’été meurtrier et dans Subway, ses délirantes performances dans Kamikaze et dans Je hais les acteurs, sa métamorphose en triste collabo dans UranusDany Boon lui offrira sa dernière partition mémorable dans Bienvenue chez les Ch’tis où en deux minutes, il bouffait l’écran et Kad Merad en même temps. « C’est le Noooord » résonne encore dans toutes les têtes.

Avec Michel Galabru, c’est tout un pan d’un certain cinéma populaire français qui part, celui du dimanche soir à la télévision et des vidéoclubs. Il n’est pas prêt d’être oublié.

 @chris_narbonne