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Cette semaine au cinéma, Elsa Zylberstein et Jean Dujardin sont amoureux chez Claude Lelouch, Ron Howard raconte l'origine de Moby Dick et Orelsan réalise son premier film.

Choix n°1 : Un + Une de Claude Lelouch avec Elsa Zylberstein, Jean Dujardin...

Synopsis : Antoine ressemble aux héros des films dont il compose la musique. Il a du charme, du succès, et traverse la vie avec autant d’humour que de légèreté. Lorsqu’il part en Inde travailler sur une version très originale de Roméo et Juliette, il rencontre Anna, une femme qui ne lui ressemble en rien, mais qui l’attire plus que tout. Ensemble, ils vont vivre une incroyable aventure…

L'avis de Première : Claude Lelouch fait toujours le même film en cherchant le meilleur ajustement possible entre scénario écrit, improvisation, alchimie des acteurs, forme et musique. La méthode a donné une poignée de chefs-d’œuvre plus ou moins admis, une majorité de films moyens qui font l’unanimité et quelques ratages tellement énormes qu’ils ont fini par servir de boussoles aux critiques paresseux. À quelle catégorie appartient Un + Une ? Probablement à la plus haute. S’il n’a pas la magie des premières fois (Un homme et une femme) ou l’énergie "virilo-anar" des classiques postsoixante-huitards (L’aventure, c’est l’aventure, Le Bon et les Méchants), le nouveau Lelouch creuse avec succès la veine des duos amoureux contre-nature qui a toujours accouché chez lui du meilleur (Un homme qui me plaît, La Bonne Année). Plus antagonistes que Dujardin et Zylberstein, ça n’existe pas et c’est pour cette raison même que leur voyage l’un vers l’autre atteint de tels sommets d’émotion, soulignés, voire surlignés, par la musique de Francis Lai, au top de son lyrisme, le tout baigné dans une ambiance karmique qui achève de rendre l’expérience inoubliable.

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Choix n°2 : Au Coeur de l'océan de Ron Howard avec Chris Hemsworth...

Synopsis : Hiver 1820. Le baleinier Essex quitte la Nouvelle-Angleterre et met le cap sur le Pacifique. Il est alors attaqué par une baleine gigantesque qui provoque le naufrage de l'embarcation. À bord, le capitaine George Pollard, inexpérimenté, et son second plus aguerri, Benjamin Walker, tentent de maîtriser la situation. Mais face aux éléments déchaînés et à la faim, les hommes se laissent gagner par la panique et le désespoir...

Trente ans plus tard, Herman Melville mène l'enquête sur cette sombre histoire qui lui inspirera l'un des plus grands romans de la littérature américaine : "Moby Dick".

L'avis de Première : Le film – ce n’est pas un spoiler – se termine sur une phrase de l’écrivain Nathaniel Hawthorne, qui qualifie le roman Moby Dick (inspiré en partie de l’épopée de l’Essex) de véritable "America’s Epic". Le terme s’applique parfaitement à Au cœur de l’océan : un grand récit épique américain. L’aventure maritime motivée par le profit, jusqu’à la folie, puis la mort. C’est riche, grandiose et excitant comme un Master and Commander psychopathe, électrisé par la photo du chef op de Danny Boyle et truffé de séquences inoubliables : le chant religieux qui accompagne le départ du bateau, les scènes de chasse au cétacé ou le mousse qui rampe dans le corps de la baleine morte... Si le vétéran Ron Howard, qui signe là son meilleur film depuis Rush, ne pouvait tourner que des films avec Chris Hemsworth (ici tragiquement herculéen), ça serait vraiment parfait.

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Choix n°3 : Comment c'est loin de Orelsan et Christophe Offenstein avec Orelsan...

Synopsis : Après une dizaine d’années de non-productivité, Orel et Gringe, la trentaine, galèrent à écrire leur premier album de rap. Leurs textes, truffés de blagues de mauvais goût et de références alambiquées, évoquent leur quotidien dans une ville moyenne de province. Le problème : impossible de terminer une chanson. A l’issue d’une séance houleuse avec leurs producteurs, ils sont au pied du mur : ils ont 24h pour sortir une chanson digne de ce nom. Leurs vieux démons, la peur de l’échec, la procrastination, les potes envahissants, les problèmes de couple, etc. viendront se mettre en travers de leur chemin. Chemin qu’ils n’avaient de toute façon pas pris dans le bon sens…

L'avis de Première : Avec son compère Gringe, Orelsan incarne une nouvelle idée du rap, pratiqué en province par des Blancs de la classe moyenne qui abordent des sujets triviaux. Plus ou moins inspiré de leur jeunesse dans une petite ville, Comment c’est loin est un éloge de la glande, une ode à la procrastination à laquelle les deux personnages principaux, aspirants rappeurs en position de devenir célèbres, s’adonnent avec un plaisir à peine coupable. C’est le cousin, un peu plus trash et inspiré, de Libre et assoupi, sorti cette année, avec lequel il partage cette foi dans la connivence des spectateurs, censés adhérer à leur goût du faux rythme et de la blague pourrie. Pas gagné, mais audacieux. 

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