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En attendant Gimme Danger, le docu de Jim Jarmusch sur les Stooges, Iggy Pop revient aujourd'hui sur grand écran.

Réactualisation du 28 septembre 2016 : En mai dernier, nous nous intéressions au parcours d'Iggy Pop au cinéma, au moment où il accompagnait Jim Jarmusch au festival de Cannes pour y présenter Gimme Danger en Séance de Minuit. Depuis, le documentaire a été programmé au 1er février 2017, mais le chanteur revient dès ajourd'hui au cinéma dans le film français L'Etoile du jour, de Sophie Blondy, aux côtés de Béatrice DalleDenis Lavant, et Tchéky Karyo

Synopsis : Un cirque itinérant est échoué sur une plage de la Mer du Nord. Les spectateurs se font rares mais la magie du cirque oeuvre toujours. Chaque interprète de la troupe répète et propose de nouveaux numéros. Mais cet équilibre fragile va vite se briser pour dévoiler leur réelle nature et leurs sentiments les plus obscurs. Le cirque deviendra alors le lieu de toutes les convoitises amoureuses où chacun usera de ces pouvoirs pour satisfaire ses désirs. Cet espace confiné deviendra le terrain de jeu d’un quator amoureux: alors qu’Elliot le clown et Angèle la ballerine vivent une histoire d’amour idyllique, Heroy le directeur du cirque use de son autorité pour conquérir à son tour la jeune femme. De son côté, la Gitane tente d’ensorceller le clown. La vie du cirque va alors prendre une toute nouvelle tournure. 

Bande-annonce de L'Etoile du jour :

 

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Actualité du 19 mai 2016 : En parallèle de sa carrière musicale, le « parrain du punk » a participé à de nombreux films. Via ses morceaux, évidemment, mais aussi en tant qu’acteur, même si certains projets auxquels Iggy Pop comptait participer n’ont pas abouti, notamment ses deux biopics, The Passenger et Lust For Life. L’artiste a inspiré pas mal de monde, que ce soit à Hollywood, en Angleterre ou en France, à commencer par Jim Jarmusch, qui lui rend aujourd'hui hommage à travers son documentaire Gimme Danger.
Les deux hommes sont à Cannes pour présenter ce film-événement revenant sur la création et l’influence du groupe The Stooges, qui sera projeté ce soir en Séance de Minuit. A cette occasion, Première vous propose de revenir sur les expériences cinématographiques les plus marquantes de son leader. Sans se limiter aux Stooges, d’ailleurs, car Iggy a multiplié les expériences en solo.

Ses BO des années 1980 : Repo Men, Sid & Nancy, Black Rain
Avant de véritablement jouer la comédie, Iggy Pop était déjà régulièrement entendu au cinéma ou à la télévision. Tony Scott utilise par exemple le morceau « Funtime » dans Les Prédateurs (porté par David Bowie) en 1983, puis son frère rythme une scène de Black Rain avec « Living on the Edge of the Night ») six ans plus tard. Entre les deux, « The Passenger » ou « Lust For Life » auront été choisis pour Sid & Nancy (Alex Cox, 1986) et Cherche Susan Désespérément, avec Madonna (Susan Seidelman, 1985), entre autres. Il apparaît aussi dans quelques films et séries (Sid & Nancy, encore, La Couleur de l’Argent, de Martin Scorsese, ou Deux films à Miami etc.) et compose même des chansons pour des bandes originales, comme « Repo Man », qui ouvre le film éponyme d’Alex Cox en 1984. A écouter ici.

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1990 – 1997 Johnny Depp et Iggy Pop sont inséparables
Si Iggy Pop connaît la notoriété en tant que chanteur et musicien dès la fin des années 1960, ses premières apparitions au cinéma en tant qu’acteur sont furtives durant les 80’s. C’est chez John Waters qu’il obtient son premier « vrai » rôle, face à Johnny Depp, qu’il connaissait déjà depuis quelque temps grâce à leur passion commune pour la musique. Avec son groupe The Kids, la future star de Pirates des Caraïbes a en effet participé à plusieurs concerts en Californie, assurant notamment la première partie d’Iggy Pop.
Dans Cry-Baby, parodie de comédies musicales des fifties, il joue Tonton Belvédère, personnage survolté qui ne chante pas, mais se retrouve au beau milieu de situations loufoques, comme dans cette scène où il prend son bain en plein air :

 

Après plusieurs collaborations, aussi bien musicales qu’au cinéma, Johnny Depp propose à Iggy Pop de composer la musique de The Brave, sa première réalisation sortie en 1997 (il lui offre également un petit rôle à l’écran). Quatre ans plus tôt, l’Iguane signait déjà « In The Deathcar » avec Goran Bregovic pour Arizona Dream, d’Emir Kustirica. Ours d’argent à la Berlinale en 1993, le film a connu un certain succès et sa chanson d’ouverture aussi.
Depp et Iggy se recroiseront souvent, ne serait-ce que via les BO des films dont Johnny est la star, comme Dark Shadows, en 2012.

Johnny Depp : acteur ou rock star ?

 

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De 1993 à aujourd’hui – Ses collaborations avec Jim Jarmusch
Si John Waters lui met le pied à l’étrier, c’est bien Jim Jarmusch qui lui offrira le plus de rôles au cinéma : notamment dans Dead Man (1995), une nouvelle fois avec Johnny Depp, ainsi que dans Coffee and Cigarettes (2003) face à un autre artiste éclectique, Tom Waits

 

 

Dix ans avant le film, la version courte de 1993 a d’ailleurs reçu la Palme d’Or du court-métrage.

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Années 1990 et 2000 : Sexe, drogue et rock & punk
Au cours des années 1990, les morceaux les plus célèbres d’Iggy Pop sont repris partout. Souvent dans des films ayant un rapport avec le sexe, la drogue et/ou le rock/punk/grunge. Le parfait exemple est Trainspotting, de Danny Boyle, qui s’ouvre sur « Lust For Life ». Par-dessus la musique, Ewan McGregor récite le célèbre mantra de son personnage (« Choose life, choose a job… ») :

 

Trainspotting 2 : Déjà un teaser et une vidéo de tournage

Deux ans plus tard, il sera la star de Velvet Goldmine, film de Todd Haynes où l’on entend « Gimme Danger », pendant que Guy Ritchie rythmera son Arnaques, crimes et botanique par « I Wanna Be Your Dog ». Les sons d’Iggy Pop déménagent et collent à merveille aux scènes de vie mouvementées, notamment dans des biopics de stars musicales, comme Control (Anton Corbijn, 2007). Plus récemment, une séquence de fête de The Runaways, avec Kristen Stewart et Dakota Fanning, illustrait parfaitement cette idée :

 

Années 1990 et 2000 : Iggy Pop s’exporte en France
Iggy Pop inspire sans surprise des artistes du monde entier. En France, notamment, Leos Carax a utilisé des extraits de « Strong Girl » pour une séquence dansante -et particulièrement envoûtante- des Amants du Pont-Neuf, en 1991. Luc Besson a plus récemment fait appel à lui  pour un doublage -en anglais- d’Arthur et les Minimoys (Darkos, qui a la voix de Marc Lavoine en VF), et Iggy a aussi accepté d’enregistrer un morceau inédit pour l’intro de la série d’animation française Les Zinzins de l’espace.

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2009-2014 : Le temps des biopics
Elijah Wood devait incarner Iggy Pop dans The Passenger, prévu dans les salles en 2010. Le projet a intéressé le chanteur pendant un temps, mais il a fini par refuser d’être impliqué, ce qui a tué le projet dans l’œuf.
En 2014, une autre idée a germé : raconter la période berlinoise d’Iggy Pop et de David Bowie. "Ce ne sera pas un biopic comme on l'entend, précisait à l’époque Egoli Tossell, le producteur,  puisque personne ne meurt à la fin." Malheureusement, suite au décès de Bowie en début d’année, des réécritures s’imposent… si le projet n’est pas tout simplement abandonné ?

2014 : Un projet avec Dario Argento ?
En octobre 2014, l’acteur a posté une vidéo dans le but de réunir assez d’argent pour lancer la production de The Sandman, un film horrifique mis en scène par Dario Argento, où il incarnerait une version cauchemardesque du Marchand de Sable. Le projet n’a toujours pas abouti, mais il n’est pas officiellement abandonné pour autant.

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2016 : Iggy Pop est doublement à Cannes
La star est donc à l’honneur aujourd’hui grâce à Gimme Danger. Coïncidence amusante : Iggy est aussi présent dans ELLE, de Paul Verhoeven, à travers sa musique, encore une fois lors d’une scène de fête. 

Jim Jarmusch : "Gimme Danger est une lettre d'amour aux Stooges"