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Polémique autour du nouveau film de David Fincher.

Gone Girl fait polémique. Un article intitulé "Gone Girl", ou l'argumentaire des masculinistes publié sur le site du réseau Osez le féminisme ! dénonce la misogynie du dernier film de David Fincher, qui connaît actuellement un gros succès public et critique.

(Attention, SPOILER si vous n'avez pas vu Gone Girl)

Si les auteurs de l'article apprécient la première partie du film -adapté du roman de Gillian Flynn traduit en français sous le titre Les Apparences- où Nick (Ben Affleck) est confronté à la disparition de sa femme Amy (Rosamund Pike), elles reprochent à la deuxième partie d'être "un cauchemar total". En effet, dans cette deuxième partie, on découvre que le personnage d'Amy fait croire à son meurtre pour accuser son mari. La raison ? Amy est une psychopathe qui reproche à son mari de n'être pas conforme à l'image de l'homme de ses rêves, et de l'avoir trompée avec une de ses étudiantes.

Rosamund Pike : "Mon personnage de Gone Girl est tellement plus complexe que ce que vous pouvez imaginer à ce stade"

"C'est donc une valse sans fin que Fincher nous donne à voir, qui justifie en fait les pires arguments masculinistes : Amy incarne le cliché patriarcal de la perversion féminine idéale, qui utilise la violence psychologique, soi-disant arme favorite des femmes, pour humilier et blesser son mari", argumente l'article. "Le film relate toute la perversité de la fameuse violence psychologique féminine tant invoquée par les lobbies ANTI-féministes : violence invisible, improuvable puisqu'elle ne laisse aucune trace (comment prouver le chantage et la manipulation ?), elle s'exerce dans le huis-clos du couple. L'homme en détresse est totalement impuissant, puisque le fait d'être né mâle jouera inévitablement contre lui : personne ne le croira face à l'image douce et charismatique que peut renvoyer une femme. Pire, il est même présenté comme contraint à utiliser une violence physique contre elle : Nick, poussé à bout autant que le spectateur par tant de noirceur féminine, n'a qu'une envie, rompre le cou de cette femme diabolique, et quand finalement il lève (une fois) la main sur elle, malgré lui, un soupir de soulagement s'élève dans la salle : elle l'a bien cherché ! Ou l'art de déculpabiliser et encourager la violence masculine..."

Ainsi le moteur de l'intrigue de Gone Girl utiliserait "la rhétorique essentialiste éculée de la femme perverse, cliché ô combien populaire dans la littérature, les arts et le cinéma", et irait donc dans le sens de la misogynie dominante : "il est extrêmement dommageable d'une part, de mettre en exergue une violence féminine qui est un phénomène totalement minoritaire et, d'autre part, de banaliser et justifier ainsi la violence masculine en provoquant l'empathie et l'adhésion du spectateur."

Vous pouvez lire l'article en entier ici.

David Fincher : "Il y a un twist dans Gone Girl, mais très franchement ce n'est pas ce qui m'intéressait"

Bande-annonce de Gone Girl, toujours en salles :

 

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