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On ment toujours à ceux qu'on aime

Ah ! Les joies du roadmovie, éloge d’une liberté retrouvée le temps d’un périple réconciliateur ! Le genre, épuisé et épuisant, peut-il encore révéler quelque chose ? Sûrement, mais pas ici tant le parcours hyper balisé n’a pas beaucoup de sorties de route à offrir. Et ce malgré les atours « rock » de la chose, soit une chanteuse loseuse (Monia Chokri) qui parvient on ne sait comment à convaincre son ex (Jérémie Elkaïm) d’accepter de jouer le jeu de l’amour parfait pour sa grand-mère qui débarque des US.

Thomas Baurez
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Les étendues imaginaires

Singapour est un mirage. C’est ainsi que l’envisage le jeune réalisateur Siew Hua Yeo, 33 ans, dans ces Étendues imaginaires. Un mirage qui prend d’abord la forme d’un thriller avec la disparition inquiétante sur un chantier d’aménagement du littoral d’un travailleur chinois. Le policier en charge de l’enquête va tenter de suivre les traces du disparu et pénétrer un monde à mille lieues des rutilants quartiers d’affaires, symboles du miracle économique de cette cité-État insulaire devenue une plaque tournante d’une finance mondialisée.

Thomas Baurez
LE MYSTÈRE HENRI PICK
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Le mystère Henri Pick

Un auteur est-il nécessairement une personne cultivée ? C’est la question centrale qui traverse Le Mystère Henri Pick, dont le récit nous conduit au fin fond de la Bretagne où une jeune éditrice découvre un manuscrit dans une bibliothèque accueillant tous les livres refusés par les éditeurs. Là, dans un amas de médiocrités, elle tombe en arrêt sur cette pépite cachée, écrite par Henri Pick, pizzaïolo mort deux ans plus tôt, qui n’avait jamais montré d’intérêt pour la littérature. Le roman devient un phénomène littéraire.

Sophie Benamon
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Maguy Marin : L'urgence d'agir

Depuis plus de trente-cinq ans, au fil d’une vie et de spectacles engagés, Maguy Marin est considérée comme une des plus grandes chorégraphes actuelles. Ce docu réalisé par son fils – et membre de sa compagnie – veut raconter son parcours mais souffre d’un manque de pédagogie. David Mambouch y mêle documents d’archives et témoignages sans assez resituer ce que représente sa mère, pensant peut-être que le spectateur sait déjà tout de leurs échanges.

Thierry Chèze
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Bêtes blondes

Que reste-t-il de Rivette dans le cinéma français contemporain ? De sa capacité à faire d’un scénario une matière vivante où chaque séquence, voire chaque plan, semble surgir d’un heureux – mais cohérent – hasard ? À l’heure de la dictature du scénario, personne ne semble assez fou pour tenter l’aventure. D’où cette joie immense de découvrir ces Bêtes blondes, jeu de piste façon Alice au pays des merveilles, où un être vaguement assoupi (Thomas Scimeca) se lève et enchaîne d’improbables rencontres.

Thomas Baurez
affiche Damien veut changer le monde
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Damien veut changer le monde

Un jeune pion (Franck Gastambide, toujours juste) se met un jour en tête de sauver un de ses élèves d’une expulsion de territoire. Son plan ? Reconnaître l’enfant comme son fils afin de lui obtenir, ainsi qu’à sa mère, des papiers en règle. Les demandes d’autres mères en situation irrégulière affluant, Damien perd pied... Xavier de Choudens signe une comédie sociale qui évoque les combines de la France d’en bas et les conditions des migrants avec un humour à l’anglaise évitant les clichés et les chausse-trappes populistes.

Gael Golhen
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La flor - Partie 1 à 4

Après plus de cent vingt ans d’existence, on pourrait croire avoir tout vu et tout entendu au cinéma. Penser, à entendre certains esprits chagrins, que tous les films ont été faits. Et que les créateurs sont donc désormais condamnés à se répéter avec plus ou moins de bonheur. Venu d’Argentine, La Flor met une claque vivifiante à ces idées reçues, aux tenants du « ce ne sera jamais mieux qu’avant », à ceux qui croient dur comme fer que le cinéma a définitivement rendu les armes et abandonné à la série toute velléité créative.

Thierry Chèze
affiche exfiltrés
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Exfiltrés

Ancien assistant de Chéreau et de Pialat puis documentariste pendant quinze ans, Emmanuel Hamon n’est pas le premier venu comme en témoigne la maîtrise formelle d’Exfiltrés, étouffante immersion dans les mondes opaques de la radicalisation, de l’espionnage et de la géopolitique. Sans gros moyens (sinon, on l’aurait volontiers comparé à du Greengrass), Hamon parvient à rendre tangible une réalité d’autant plus troublante que sa proximité pour nous, spectateurs français, est grande.

Christophe Narbonne
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ESCAPE GAME

Qui prétend que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures ? En voici le parfait contre-exemple. Prenez un zeste de Saw et une pincée de Destination finale. Plongez le tout dans l’univers du jeu d’évasion hype du moment et confiez-en la cuisson à un réalisateur habitué à accommoder les restes (le cinquième Paranormal Activity, le quatrième Insidious). Vous obtiendrez certes un film rentable, intrigant dans la mise en place du jeu...

Thierry Chèze
CELLE QUE VOUS CROYEZ !
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CELLE QUE VOUS CROYEZ

En adaptant le roman de Camille Laurens, Safy Nebbou s’ouvrait sur le papier un territoire imaginaire infini. Celui offert par son héroïne, une quinqua (Juliette Binoche) qui, pour épier son amant, se crée un faux profil sur les réseaux sociaux et y devient une femme de 24 ans, dont tombe amoureux le meilleur ami (François Civil) de son amant. Débute alors une histoire de séduction qui devra tôt ou tard se confronter au passage du virtuel à la rencontre. Soit une promesse de romanesque, hélas, jamais tenue. Comme si Nebbou coupait les ailes de son récit dès qu’il peut s’envoler.

Thierry Chèze
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JEUNE BERGÈRE

Petit paysan avait, par le biais de la fiction, brillamment raconté le quotidien épuisant, toujours sur un fil et au bord du précipice, du monde agricole.

Thierry Chèze
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MARIE STUART, REINE D’ÉCOSSE

Le premier film sur Marie Stuart (reine de France et d’Écosse au XVIe siècle) a déjà 100 ans. Depuis, une demi-douzaine de films portent son nom avec notamment Katharine Hepburn ou Vanessa Redgrave dans le rôle-titre. Malgré cela, pour son premier long, l’ex-directrice artistique du théâtre Donmar Warehouse n’a pas eu peur de se frotter à ce personnage mythique. Précisons-le d’emblée, ce film risque de froisser méchamment les férus de réalité historique.

Thierry Chèze
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WARDI

À l’heure où les camps de réfugiés font régulièrement la une de l’actualité, ce premier film impose un regard dénué de sensationnalisme sur les dramatiques déplacements de population. Il évoque la “Nakba” -terme arabe désignant l’exode des Palestiniens au lendemain de la guerre israélo-arabe de 1948- à travers les yeux d’une fillette d’aujourd’hui installée au Liban dont l’arrière-grand-père vécut l’enfer des camps et de l’exil.

Christophe Narbonne
The Reports on Sarah and Saleem affiche
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THE REPORTS ON SARAH & SALEEM

C’est une histoire d’adultère en apparence banale : la patronne d’un café et un de ses livreurs. Sauf qu’elle se déroule à Jérusalem, que cette femme, mariée à un officier, est juive et son amant palestinien. La révélation de leur aventure va susciter des dommages collatéraux bien plus importants que la mise en danger de leurs couples. Une accusation de trahison, non d’un conjoint mais d’un camp : Israël d’un côté et la Palestine de l’autre.

Thierry Chèze
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NICE GIRLS DON’T STAY FOR BREAKFAST

Le photographe et documentariste Bruce Weber applique à Robert Mitchum le traitement qu’il avait réservé à Chet Baker dans le mythique Let’s get lost : écrin jazzy, noir et blanc sépulcral, évocation biographique diffractée, témoins de luxe (Johnny Depp, Clint Eastwood, Marianne Faithfull...).

Frédéric Foubert
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APPRENTIS PARENTS

Pete et Ellie, un couple d’Américains working class comme on n’en voit que dans les films (joués par Mark Wahlberg et Rose Byrne, ils retapent des maisons en chemise à carreaux et boivent du vin blanc), décident d’adopter un ado, et les voilà avec trois enfants sur les bras : deux petits et leur grande soeur de 15 ans, Lizzie, plutôt duraille...

Sylvestre Picard
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SANTIAGO, ITALIA

La simple irruption du grand Moretti dans le documentaire attise forcément la curiosité du cinéphile qui essaiera de trouver ici ce qui subsiste du style, de l’intelligence et de l’humour du maestro, dont le récent Mia Madre est encore dans toutes les têtes.

Thomas Baurez
Les Eternels (Ash is purest white) : Affiche
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les eternels

Exit Ash is purest white (« la cendre est d’un blanc très pur »). Le beau titre anglais a disparu, pour laisser place à une version française moins flamboyante. Pourtant, Les Éternels résume peut-être mieux le projet du cinéaste. Les éternels, c’est ce couple à l’écran. On est en 2001. Lui est un caïd, elle sa compagne rebelle.

Gael Golhen
Jusqu'ici tout va bien affiche
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jusqu'ici tout va bien

L’histoire de Jusqu'ici tout va bien est simple : pour échapper à une sanction pour fraude fiscale, le patron d’une agence de com’ parisienne doit déménager ses bureaux et ses employés dans le pire quartier de La Courneuve.

Gael Golhen
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Les Funérailles des roses

Un sacré morceau de cinéma ressuscite en salles françaises, et c'est d'autant plus important que le film n'était jamais sorti en France : Les Funérailles des roses, réalisé par Toshio Matsumoto en 1969, raconte l'histoire d'Eddie (formidable Shinnosuke Ikehata, de son nom d'artiste Peter, qui jouera le Fou dans Ran de Kurosawa), un jeune travesti travaillant dans un bar gay tokyoïte, qui va se retrouver dans une sale affaire de p

Sylvestre Picard
Rencontrer mon père : Affiche
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Rencontrer mon père

Dans son deuxième documentaire, le cinéaste Alassane Diago quitte son Sénégal natal pour confronter celui qui l'a abandonné dès sa naissance. Avide de réponses, le jeune homme se retrouve dans la campagne gabonaise où son père a élu domicile. Ce dernier s'y est amouraché d'une autre femme et élève ses enfants sans se préoccuper de sa vie passée. Avec une sobriété assumée, Alassane Diago s'entretient plusieurs fois avec cet "étranger", muré dans un silence coupable, sans parvenir à l'atteindre.

Jean-Baptiste Tournié
Le Chant du loup affiche
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Le chant du loup

Au large de la côte syrienne, un sous-marin français attend de pouvoir récupérer une unité spéciale de nageurs de combat. Mais un autre submersible rôde, et seul le jeune Chanteraide, « l’oreille d’or » du navire français, est capable, à l’aide de ses écouteurs et de ses micros, de décrypter les bruits de la mer et de repérer le sous-marin ennemi.

Sylvestre Picard
Euforia : Affiche
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Euforia

Ça commence sur un air de Joe Dassin et finit par une chanson de Tuxedomoon. Le programme d’Euforia tient entre ces deux pôles : l’ébullition et la mélancolie, l’amour et la perte, ce qu’on veut retenir et ce qu’il faut laisser, les mensonges qu’on prononce pour les autres et ceux qu’on préfère à la vérité. Entre Matteo (Riccardo Scamarcio), homosexuel flamboyant qui mène une vie de lux(ur) e à Rome, et Ettore (Valerio Mastandrea), professeur provincial et époux malheureux, la fraternité reprend ses droits quand ce dernier tombe malade.

Michaël Patin
Les Moissonneurs : Affiche
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Les Moissonneurs

Etienne Kallos est un Sud-Africain d’origine grecque, mélange qui influence directement son premier long. L’Afrique du Sud en constitue le coeur ; plus précisément le monde rural des Afrikaners, où une fervente chrétienne ramène dans son foyer un orphelin et demande à son fils de l’accepter comme son frère. La Grèce en symbolise l’âme. C’est le pays de la tragédie au coeur de cet affrontement haineux et passionnel entre un ado sage veillant sur des terres qui lui appartiendront un jour et son exact opposé, rival inattendu qui le révulse autant qu’il le fascine.

Thierry Chèze
Destroyer affiche
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Destroyer

« Nicole Kidman comme vous ne l’avez jamais vue ». C’est écrit en gros sur l’affiche et c’est vrai : la star est méconnaissable dans le rôle d’une détective alcoolique dont le passé d’infiltrée (dans un gang de braqueurs) lui revient en pleine figure. C’est l’atout et la faiblesse du film, vampirisé par une Kidman que la caméra de Karyn Kusama (Girlfight) semble vouloir réinventer à chaque plan en method actress ultime – trop tard, le poste est déjà occupé par Charlize Theron.

Thomas Baurez
Baghdad Station : Affiche
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Baghdad Station

Pour le cinéaste Mohamed Al-Daradji, 41 ans, son rapport à l’Irak est un éternel retour. Il a plusieurs fois quitté son pays natal en proie à une grande instabilité pour rejoindre l’Europe. Une chose n’a cependant pas bougé, c’est cette volonté farouche de filmer l’Irak, persuadé que la fiction ou le documentaire, peuvent remplacer les images d’actualité forcément réductrices et redonner à voir la réalité d’un pays sacrifié.

Thomas Baurez
Amal : Affiche
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Amal

Sur une période de cinq ans, Mohamed Siam a filmé le parcours d’Amal, jeune fille révoltée, maltraitée par la police, au Caire, Place Tahrir, en 2011 alors qu’elle n’avait que 14 ans. “J’ai les cheveux courts parce que les police me les a arrachés”, dit-elle à son petit ami qui s’émeut de sa masculinité affichée. Siam recourt à un montage elliptique et fragmentaire qui rend à la fois compte de l’état émotionnel d’Amal et d’un pays en proie au chaos depuis la révolution égyptienne.

Christophe Narbonne
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Grâce à Dieu

Pour une fois, le cinéma a rattrapé la réalité. On écrit cette critique alors que le cardinal Barbarin répond au tribunal et que Bernard Preynat, prêtre pédophile, attend toujours de passer en jugement. Mais le film qu’a tiré François Ozon de cette histoire est déjà en boîte. Précisons tout de suite que son évocation minutieuse d’une des plus retentissantes affaires de pédophilie de ces dernières décennies est une oeuvre aussi puissante que subtile.

Gael Golhen
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La chute de l'empire américain

Les décennies passent et Denys Arcand continue de poser son regard sarcastique sur nos sociétés. Cette Chute de l’Empire américain constitue le troisième volet d’un cycle entamé avec Le Déclin de l’Empire américain et Les Invasions barbares. Après le sexe et la mort, l’argent. Celui qui rend fou et aliène toutes les couches de la population. Celui qui tombe du ciel dans l’escarcelle de son héros, docteur en philo reconverti en chauffeur-livreur, « héritant » de sacs bourrés de billets après un hold-up raté.

Thierry Chèze
Les Aventures de Rita et Machin : Affiche
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Les aventures de Rita et Machin

Adaptation par des Japonais d’une BD française pour enfants, ce programme court (48 minutes), découpée en dix segments, relate la relation affectueuse et mouvementée entre une fillette et son chien. Chronique naturaliste du quotidien à la façon des albums Martine, le film montre nos deux héros à la plage, à la piscine, à l’école, aux courses, à un concert... Par son minimalisme esthétique (décors quasi absents, trait “enfantin”, couleurs pastel), le film évoque aussi un Mes voisins les Yamada pour les préscolaires. Joli.

Christophe Narbonne