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JÉSUS

Voilà un premier film dont l’ambition finit par constituer sa limite. 76 minutes denses où il est tout à la fois question d’enfance, de quête spirituelle et de deuil à travers un récit traversé de moments surréalistes. Au Japon, l’histoire d’un enfant de la ville parti vivre à la campagne où il intègre une nouvelle école, catholique, et s’y fait deux nouveaux amis : un camarade de classe... et un Jésus miniature qu’il est le seul à voir !

Thierry Chèze
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BENJAMIN

Découvert à la télé comme animateur, Simon Amstell est depuis dix ans un humoriste qui compte en Grande-Bretagne (son dernier stand up, Set Free, est disponible sur Netflix). Mais pour son premier long métrage comme réalisateur, il a mis au placard le ton très sarcastique qui a fait sa réputation pour parler art et relations amoureuses. Rien de bien original sur le papier dans cette comédie romantique où un cinéaste en herbe (Colin Morgan, le héros de la série britannique Merlin) tombe sous le charme d’un musicien français (Phénix Brossard, vu dans Little Joe).

Sophie Benamon
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THE LIGHTHOUSE

Tout commence par la sirène lancinante d’un bateau au loin. Une île isolée, un phare gigantesque, deux marins, un d’eau douce et un loup de mer, une météo pourrie. Puis tout vole en éclats : de l’alcool frelaté à foison, de la danse, des hurlements, une sirène monstrueuse comme obscur objet du désir, une mouette massacrée contre un rocher... Pas mal de violence, un peu de masturbation et beaucoup de visions cauchemardesques.

François Rieux
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NOTRE DAME

Il arrive que la réalité vienne violemment télescoper la fiction. Le 18 avril, en plein montage de Notre dame, Valérie Donzelli voit... Notre-Dame, le cœur de son cinquième long, prendre feu. Une tragédie qui modifie forcément notre relation à ce film, comme l’imminence d’un moment qui n’existera plus. Ce sentiment de nostalgie immédiate rajoute une couche de singularité à un film qui n’en manque pas.

Thierry Chèze
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TALKING ABOUT TREES

C’est une de ces histoires bigger than life difficiles à raconter en fiction par peur d’en faire trop. Le combat de quatre papys facétieux et idéalistes, quatre réalisateurs soudanais ayant quitté leur pays dans les années 60 pour étudier à l’étranger qui se sont mis en tête de faire revenir le cinéma au Soudan, dépourvu de toute salle. Ce docu raconte cette aventure héroïque sur fond de combat larvé avec un régime dictatorial islamiste (dont on voit le président al-Bashir – renversé depuis – réélu avec 94 % de voix) peu connu pour son appétence pour les arts.

Thierry Chèze
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APRÈS LA NUIT

C’est une symphonie en trois actes. Une femme, un homme, un couple. Une femme qui demande à un chauffeur de taxi de tourner toute une nuit devant son immeuble pour fuir ce qui l’attend. Un homme qui passe cette même nuit chez un amant rencontré via une appli de drague. Et un couple, le leur, à la croisée des chemins après dix années gangrenées par la chape de plomb d’une société roumaine poussant à refouler tout ce qui est hors des normes : le rejet de la maternité et la bisexualité en tête.

Thierry Chèze
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AU CŒUR DU MONDE

« Au cœur du monde est l’un des meilleurs films de la “nouvelle vague” brésilienne », ainsi s’exprime Kleber Mendonça Filho (Bacurau) au sujet de ce premier long choral situé dans une petite ville populaire du Minas Gereis. Et on ne peut que souscrire à son avis enthousiaste. Gabriel et Maurilio Martins signent une oeuvre intense autour de cinq personnages liés par un assassinat lors d’une soirée d’anniversaire pourtant joyeuse et calme.

Thierry Chèze
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PAROLES DE BANDITS

Les bandits, ce sont les clandestins ou ceux qui les aident ? La question est posée en préambule de ce documentaire qui s’intéresse au sort des migrants dans la vallée de la Roya (située à la frontière sud avec l’Italie), fameuse pour abriter le militant Cédric Herrou (le « héros » d’un autre docu, Libre, présenté à Cannes en 2018), arrêté plusieurs fois pour l’assistance qu’il porte aux clandestins.

Christophe Narbonne
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EMMA PEETERS

Apprentie actrice, Emma cumule les petits jobs comme vendeuse chez Tardy (anagramme de Darty) où elle est régulièrement employée du mois. « Vous avez fait de la pub pour une lessive, non ? », lui demande sur un ton méprisant une directrice de casting qui la recale pour un rôle. Emma, c’est décidé, va en finir avec cette vie laborieuse. En prévision de son suicide, elle négocie ses obsèques auprès d’un employé de pompes funèbres qui va tomber amoureux d’elle… La canadienne Mona Chokri, égérie de Xavier Dolan, campe avec le décalage absurde qu’on lui connaît cette Emma au bout du rouleau.

Christophe Narbonne
Une vie cachée (2019)
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UNE VIE CACHÉE

Écrire sur Terrence Malick est une tâche délicate. Alors, autant revenir aux fondamentaux. Et à quelques certitudes : on n’est pas près d’oublier la projection cannoise d’Une vie cachée. Après quelques images, les yeux mouillés, les pupilles dilatées, on savait qu’on n’oublierait jamais cette séance. Le film suit le parcours de Franz Jägerstätter, paysan autrichien croyant qui refusa de prêter allégeance à Hitler et finit décapité en 1943.

Gael Golhen
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LILLIAN

En 1927, Lillian Alling, une Russe vivant à New York, a décidé de rentrer à pied dans son pays et reste toujours considérée comme disparue... Cette information nous est donnée dans le carton final de ce premier long métrage d’Andreas Horvath, qui lui rend ici hommage. Mais elle aurait été bien plus utile en ouverture de son récit, tant on peine à comprendre les tenants et les aboutissants du voyage entrepris par sa Lillian moderne, du pont de Brooklyn au détroit de Bering.

Thierry Chèze
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LA VIE INVISIBLE D’EURÍDICE GUSMĀO

Un mélo « tropical » nous dit la communication de ce film brésilien remarqué et célébré lors du dernier Festival de Cannes (prix Un certain regard). C’est peu dire que les éventuels excès de romanesque s’assument ici pleinement. Reste à savoir si ce trop-plein parvient à créer une force propre à réveiller l’émotion du spectateur sans l’ensevelir sous les décombres du sentimentalisme.

Thomas Baurez
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PAHOKEE, UNE JEUNESSE AMÉRICAINE

On pense forcément à l’approche de Frederick Wiseman dans cette exploration documentaire d’un territoire précis, sans voix off ni témoignages directs, mais guidée par la justesse supposée du regard. On y pense et on ne devrait pas, car Ivete Lucas et Patrick Bresnan se perdent un peu et ne tiennent pas la distance. Leur film décrit la vie de Pahokee, une ville de Floride peuplée majoritairement d’Afro-Américains, en se focalisant sur différents protagonistes.

Thomas Baurez
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LES ENVOÛTÉS

Sara Giraudeau et Nicolas Duvauchelle sont les héros de ce huitième film de Pascal Bonitzer, cinéaste de l’élégance et du dialogue percutant. Le réalisateur de Rien sur Robert creuse cette fois-ci une veine fantastique en adaptant librement une nouvelle de Henry James, Les Amis des amis, dont Truffaut s’était notamment inspiré pour La Chambre verte. Transposée dans la France contemporaine, l’histoire met en scène une journaliste intriguée par un phénomène surnaturel : certaines personnes voient leurs proches au moment de leur mort.

Sophie Benamon
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LOLA VERS LA MÈRE

Certains films dialoguent et se complètent sans l’avoir cherché. Comme ce Lola vers la mer et Girl. Leurs héroïnes sont deux jeunes transgenres en plein processus de réattribution sexuelle. Mais si la Lara de Lukas Dhont vivait cette transition avec le soutien de son père, la Lola de Laurent Micheli se retrouve, elle, isolée avant l’opération, car sa mère qui l’épaulait vient de mourir.

Thierry Chèze
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LOLA VERS LA MÈRE

Certains films dialoguent et se complètent sans l’avoir cherché. Comme ce Lola vers la mer et Girl. Leurs héroïnes sont deux jeunes transgenres en plein processus de réattribution sexuelle. Mais si la Lara de Lukas Dhont vivait cette transition avec le soutien de son père, la Lola de Laurent Micheli se retrouve, elle, isolée avant l’opération, car sa mère qui l’épaulait vient de mourir.

Thierry Chèze
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Docteur ?

C’est la comédie de Noël et le retour en grande forme de Michel Blanc. Avec son ton sec et sa répartie pince-sans-rire, le comédien est parfait en toubib blasé. Dès la scène d’ouverture, on est dans l’ambiance : SOS médecins, la nuit de Noël, face à une famille adepte des traitements bio et enveloppants, Serge le docteur montre très peu d’empathie et beaucoup d’agacement face à un bébé criard. Le médecin de Noël serait-il une ordure ?

Sophie Benamon
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Le Cristal magique

Accompagnée d’un écureuil, une petite hérissonne part en quête d’un joyau capable de sauver le peuple de la forêt de la sécheresse. Au programme : rencontre avec une bande de loups snobs, un castor bégayant, une grenouille mystique, un royaume d’ours danseurs... Et une morale sympa sur l’acceptation de soi : notre héroïne, orpheline de père et persuadée d’être une princesse, se fait chambrer par ses copains à fourrure et devra prouver que la vraie valeur vient du cœur, ce qui fait toujours plaisir.

Sylvestre Picard
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Jeune Juliette

Juliette (formidable Alexane Jamieson) est de forte corpulence mais n’en fait pas une maladie, d’autant qu’elle est entourée d’un père et d’un frère plutôt bienveillants. Le problème, ce sont plutôt les autres qui la renvoient à ses rondeurs. La Québécoise Anne Émond signe un teen movie touchant qui évite certains écueils du genre comme le fat shaming insistant ou le cyberharcèlement d’usage.

Christophe Narbonne
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Le choix d'Ali

Le point fort du film réside dans sa maîtrise du non-dit, celui de l’homosexualité qu’Ali préfère taire pour regagner les faveurs de sa famille musulmane, et que le scénario parvient à rendre inaudible sans pour autant la cacher. Dommage que le reste peine à suivre, entre réalisation parfois pataude, acteurs semblant eux-mêmes peu convaincus par leur propre performance – excepté Sophia Chebchoub, incarnant la sœur du héros –, et surtout récit statique se concluant à la hâte sans qu’un développement ne justifie vraiment le choix d'Ali.

Joanna Mutton
5 A couteaux tirés

Le lendemain de ses 85 ans, Harlan Thrombey est retrouvé mort par sa gouvernante. La famille parle de suicide mais le Columbo de l’histoire (Benoît Blanc interprété par un dynamique Daniel Craig à l’opposé de son rôle de 007) ne veut pas croire à cette hypothèse.

AFFICHE
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Le voyage du Prince

Si vous ne vous rappelez pas les détails de l’univers du Château des singes, premier long de Jean-François Laguionie sorti en juin 1999, ce n’est pas bien grave tant sa suite se pense comme un film indépendant. Et le film se chargera de vous faire pénétrer en douceur dans son monde, par le truchement du prince d’un royaume simiesque ambiance Renaissance, échoué sur le rivage d’un autre pays, une espèce de dictature scientifique qui a atteint le niveau technologique de la fin du 19ème siècle.

Sylvestre Picard
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La famille Addams

Bonne idée : avoir confié les clés du reboot de La Famille Addamsà l’équipe de Sausage Party. Mauvaise idée : s’inspirer des inoffensives productions Illumination et faire passer les Addams pour des cousins du Gru de Moi, moche et méchant.

Sylvestre Picard
It must be heaven - Elia Suleiman
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It must be heaven

It must be heavencommence là où Le temps qu’il reste(le précédent film de son réalisateur) finissait. À Nazareth, dans la maison de sa mère où notre héros découvre que son voisin vient tailler et arroser son citronnier sans lui demander son avis. Une métaphore à peine voilée des relations compliquées avec le voisin israélien. Et le point de départ parfait d’une oeuvre souvent drôle et totalement désespérée, pour laquelle Elia Suleiman a retrouvé la grâce d’Intervention divine. Il y a beaucoup de Monsieur Hulot dans le personnage qu’interprète le cinéaste palestinien.

Sophie Benamon
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Un été à Changsha

Découvert à Cannes, ce premier long du Chinois Zu Feng s’ouvre comme un polar classique. Un bras est retrouvé dans un fleuve et deux policiers vont mener une enquête au fil de la découverte des membres épars du corps de la victime. On se situe alors dans l’ombre de figures tutélaires écrasantes comme Memories of Murder. Mais c’est précisément lorsque le film semble étouffer sous les codes du genre qu’il part ailleurs.

Thierry Chèze
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Seules les bêtes

Après s’être aventuré du côté des séries télé (TunnelEden) et de la comédie azimutée (Des nouvelles de la planète Mars), Dominik Moll revient à son genre de prédilection avec ce thriller racontant la disparition mystérieuse d’une femme dans les Causses et les destins entremêlés d’une poignée d’individus réunis par la fatalité.

Frédéric Foubert
brooklyn affairs affiche
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Brooklyn Affairs

« C’est comme si un anarchiste vivait dans ma tête », dit Lionel Essrog (Edward Norton), le détective privé atteint du syndrome de La Tourette, héros de Brooklyn Affairs, pour expliquer pourquoi il ne peut pas s’empêcher de ponctuer sa conversation d’interjections incompréhensibles ou de lapsus grossiers. Un clin d’oeil à peine voilé à Fight Club et, plus généralement, au goût qu’a toujours eu l’acteur pour les personnages intranquilles, « dérangés », perturbés par leurs pensées en fusion.

Frédéric Foubert
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Made in Bangladesh

Made in Bangladeshappartient à la catégorie des films à sujet inattaquable qui peuplent les palmarès des festivals (cf. Cannes 2019), et dont la sincérité de ceux qui les réalisent ne souffre d’aucune discussion. La réalisatrice dépeint ici le combat d’une jeune femme employée d’une usine de textile bangladaise, aux conditions de travail déplorables. Malgré la pression menaçante de son employeur et l’opposition de son mari, elle va tenter d’y créer un syndicat.

Thierry Chèze
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Ceux qui nous restent

Début 2013. Le personnel du Méliès, le cinéma public de Montreuil, entre en grève pour protester contre la suspension jugée abusive de quatre de ses salariés. Un long bras de fer commence entre les employés et la mairie, conquise cinq ans plus tôt par Dominique Voynet... Dans la longue lignée des documentaires consacrés à des mouvements sociaux vécus de l’intérieur, Ceux qui nous restentalterne les scènes collectives (de lutte, de réflexion, de rencontres avec les spectateurs, de séances publiques) et les moments plus intimes.

Christophe Narbonne
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Le meilleur reste à venir

Le tandem Delaporte-De La Patellière n’a pas arrêté depuis le succès du Prénom, en 2012. Dans l’intervalle, les deux auteurs ont été appelés au chevet de Papa ou Maman (dont ils ont musclé le scénario de départ, écrit la suite et showrunné la série), écrit à quatre mains Un illustre inconnu (réalisé en solo par Matthieu) et signé deux pièces de théâtre (Un dîner d’adieuTout ce que vous voulez).

Christophe Narbonne