3
Mr Wolff

Un homme surdoué qui mène une double vie aussi ennuyeuse le jour qu’hors norme la nuit et cache un stock d’armes délirant dans une caravane au fond d’un garage : Mr Wolff est le parent pauvre de Batman. Mais le film de Gavin O’Connor exploite si bien ses caractéristiques communes que le justicier de Gotham semble n’avoir été qu’un échauffement pour ce rôle de comptable autiste surdoué, dont l’intelligence analytique n’a d’égal que sa puissance animale meurtrière. Vanina Arrighi de Casanova

Vanina Arrighi de Casanova
4 Ouija : les origines

Lorsqu’on fait remarquer à Mike Flanagan qu’il n’y a rien de moins sexy dans toute la panoplie des sous-genres de l’horreur que les films de ouija (ces planches alphabétiques qui permettent de dialoguer avec les morts), il admet volontiers, dans un petit rire affable, que "Oui, les attentes sont faibles sur un film comme celui-là".

Benjamin Rozovas
4
Mademoiselle

Un grand film d’arnaque sur fond de sublime mélodrame sadien.

Gérard Delorme
4
Réparer les vivants

Une adaptation du best-seller de Maylis de Kerangal dont Katell Quillévéré tire un grand drame humaniste qui fait du bien.

Vanina Arrighi de Casanova
2
La Folle histoire de Max et Léon

La Folle Histoire de Max et Léon n’est pas la grosse déconnade cathartique et fédératrice qu’on pouvait attendre, mais surtout une vraie déception venant de deux garçons aussi doués. On les croit cependant assez intelligents pour affûter leur précision comique et tailler dans le gras lors de leur prochain projet ciné. 

François Léger
2 Voyage à travers le cinéma français

Voyage à travers le cinéma français *
De Bertrand Tavernier

Sylvestre Picard
3
Cigognes et Compagnie

Les cigognes ne livrent plus de bambins, elles se sont reconverties dans le transport de colis plus classiques (téléphones, frigos…).

Elodie Bardinet
4
Captain Fantastic

Vivant isolé de la société dans des forêts reculées des États-Unis, un père consacre son existence à faire de ses six enfants d’extraordinaires adultes. Mais le destin va l’obliger à interroger ses méthodes d’éducation. C’est l’histoire d’un homme qui s’est construit contre le système et a décidé de faire de ses gamins des têtes pleines et des libres penseurs dans des corps affûtés. Une famille dont les membres chassent pour se nourrir, célèbrent le Noam Chomsky Day au lieu de Noël et discutent de notions avancées en astrophysique.

François Léger
5
L’Odyssée

Un biopic captivant sur l’homme derrière le commandant Cousteau.

Le principal risque quand on veut réaliser un biopic, c’est d’avoir tellement de matière disponible qu’il est tentant de tout traiter pour être sûr de ne pas passer à côté de quelque chose. Le résultat pâtit souvent de cette absence de choix sans lequel il n’y a plus ni storytelling ni mise en perspective. Jérôme Salle évite cet écueil avec brio.
Christophe Narbonne

Christophe Narbonne
3
Willy 1er

Willy 1er est le portrait tragicomique d’un quinquagénaire au physique particulièrement peu avantageux dont on ne comprend pas bien s’il est attardé mental ou juste inadapté, vivant toujours dans la ferme de ses parents, à qui la mort du frère jumeau fait l’effet d’un électrochoc. On le suit dans son processus d’émancipation aussi difficile que surprenant (Willy a de la ressource, finalement) et le film dépasse alors le voyeurisme et la fascination pour la misère humaine d’un épisode de Strip-tease.

Vanina Arrighi de Casanova
3
Le Teckel

Le portrait d’un teckel et de ses propriétaires successifs… Le précédent film de Todd Solondz, le sinistre Dark Horse, renvoyait l’image d’un cinéaste au bout du rouleau, englué dans ses vignettes misanthropes. Si Le Teckel ne brosse pas un portrait beaucoup plus réjouissant du genre humain, il a au moins le mérite d’être rigolo.

Frédéric Foubert
3
Manuel de libération

C’est l’histoire de jeunes orphelines transférées dans leur jeunesse dans un internat neurospychiatrique et déchues de leurs droits civiques au passage. Devenues adultes, elles se battent pour gagner leur émancipation et le droit de vivre normalement. Cet édifiant documentaire russe rappelle, par son caractère immersif, À la folie de Wang Bing qui traitait également de la double peine (enfermement et inexistence légale) infligée à certains individus moins dérangés qu’en rupture de ban –ponctuelle ou durable.

Christophe Narbonne
3
Brice 3

Les raisons d’attendre et d’aimer la suite de Brice de Nice (rappelons que le héros a "cassé" l’épisode 2) sont nombreuses et tiennent surtout au retour de Jean Dujardin dans la peau de celui qui contribua grandement à le rendre populaire. Le voir renfiler son ridicule pantalon Sarouel procure un plaisir d’autant plus nostalgique que l’acteur joue sur le temps qui a passé, et pour lui, et pour Brice, dont le côté enfantin paraît encore plus anachronique à 40 ans passés.
Christophe Narbonne

Christophe Narbonne
4
Olli Mäki

Présenté à Un certain regard, Olli Mäki illustre toute la justesse des cinéastes du pays aux mille lacs. On y suit l’histoire vraie du premier boxeur finlandais sélectionné pour les championnats du monde. Mais, alors que ses pairs aimeraient le transformer en cogneur national, cet humble sportif amateur ne rêve que de conter fleurette. Se dessine alors le portrait d’un homme ordinaire écrasé par le poids des médias envahissants et d’un business sportif sans pitié.

Mathias Averty
4
Ma Vie de Courgette

Nommé Icare (métaphore de son rêve d’envol, donc d’oubli), le jeune héros possède un cerf-volant sur lequel est dessiné d’un côté son père et de l’autre une poule, parce que ce géniteur absent "aimait les poules". Cette belle idée illustre à merveille les enjeux d’un film qui traite de la pire des choses, l’abandon, avec toujours à l’esprit un souci de dédramatisation – pas de musique sursignifiante non plus – qui le prévient de tout misérabilisme.
Christophe Narbonne

Christophe Narbonne
4
Jack Reacher : Never Go Back

On pourrait s’amuser à théoriser avec Zwick et l’acteur, mais le plus important est ailleurs : chaque scène – même prendre un café – est un morceau de bravoure ; chaque dialogue une punchline ; et chaque coup dans la gueule fait très mal. Parce que même quand il est en mode rom-com, il ne faut pas trop se frotter à Jack Reacher.
Pierre Lunn

Pierre Lunn
2
Vino Veritas

À la manière d’une Coline Serreau sur le sujet de l’agriculture, Pascal Obadia explore dans ce documentaire les vignes d’Europe pour dénoncer le « tout chimique » et encourager les méthodes de production alternatives. L’ensemble constitue un road-movie éthylique, pourtant non dénué d’humour et qui aurait pu être un grand cru si la réalisation n’était pas ici aussi insipide.
Mathias Averty

Mathias Averty
2
Le ciel attendra

On n’attendait pas Marie-Castille Mention-Schaar (BowlingLes Héritiers) sur le sujet du terrorisme, qu’elle aborde à travers le prisme de l’embrigadement de jeunes Françaises. En évoquant en parallèle le cas de Sonia, en phase de déradicalisation, et celui de Mélanie, qui succombe aux sirènes du fondamentalisme, la réalisatrice s’attache à couvrir le spectre de cette problématique de façon à peu près cohérente.

Christophe Narbonne
3
Miss Peregrine et les enfants particuliers

Dans l'héritage de son grand-père, un adolescent trouve une série de photos en noir et blanc montrant des monstres de foire dotés de capacités surnaturelles. Il finit par trouver leur sanctuaire, une maison gothique figée dans un autre espace-temps (le blitz de 1941) tandis que des monstres cannibales sont sur leur trace. La série de bouquins Miss Peregrine signée Ransom Riggs donnant à fond dans le genre timburtonien, il est peu surprenant que ce soit Burton qui réalise l'adaptation cinéma, mutatis mutandis.

Sylvestre Picard
3
Le Cancre

Franc-tireur du cinéma français, Paul Vecchiali, 86 ans, tourne ses films à la marge, sans l’argent du CNC, chez lui, entouré d’acteurs fidèles. Cette économie de moyens se ressent à l’image : la photo est plate, les décors sans charme, la mise en scène fonctionnelle. À l’instar de certains de ses héros (Pagnol, Guitry), Vecchiali fait la part belle au texte et aux acteurs.

Christophe Narbonne
3
Les Pépites

Retraçant les actions du couple de Français qui a créé l’association Pour un Sourire d’Enfant (laquelle porte depuis vingt ans assistance à des milliers d’enfants défavorisés du Cambodge), Xavier de Lauzanne navigue entre images d’archives et interviews au temps présent qui prouvent combien l’accès à l’éducation a porté ses fruits et sauvé des vies.

Damien Leblanc
3 La philo vagabonde

Yohan Laffont signe un documentaire jubilatoire sur un charismatique professeur de philo anarchiste. Dommage qu’il ait laissé son oeil critique en chemin.
Mathias Averty

Mathias Averty
3
Bridget Jones Baby

Grand retour de la célibataire londonienne et surtout de Renée Zellwegger à l’écran, Bridget Jones Baby réussit au moins sur un point : dépasser L’âge de raison, suite ratée produite dans la foulée de l’énorme succès du premier film. Bridget est de retour donc, Mark Darcy et le je t’aime moi non plus aussi, mais pas Daniel, dont le personnage de charmeur à tomber raide est remplacé par Jack, bel Américain providentiel incarné par Patrick Dempsey.

Vanina Arrighi de Casanova
4 Dead slow ahead

Le périple en mer d’un cargo – dont les machines fonctionnent en continu – rythme ce documentaire à l’hypnotisante maîtrise visuelle qui contribue à transformer les membres d’équipage en simples rouages de l’appareil. Échouant dans des ports anonymes ou de vastes étendues désertiques, le bateau donne ainsi l’impression, comme l’explique son réalisateur Mauro Herce, de constituer "le dernier navire de l’espèce humaine".

Damien Leblanc
4
Chouf

Il y a du The Wire dans cette plongée au cœur du trafic de drogue marseillais. Comme dans la série de David Simon sur Baltimore, Karim Dridi refourgue de la vérité documentaire sous le manteau du polar urbain, en le coupant à la tragédie antique, au drame social, au western… Le tout avec une pure efficacité de thriller. Aimanté par le désir de vengeance, l’intello Sofiane sacrifie ses rêves de diplôme pour retrouver l’assassin de son frère, au sein d’une pègre locale peuplée d’amis d’enfance.

Eric Vernay
4
Une vie entre deux océans

Vétéran de la Grande Guerre, Tom Sherbourne accepte un poste de gardien de phare sur une petite île, au large de l’Australie. Avec son épouse il vit le bonheur parfait, entaché cependant par deux fausses couches successives qui rendent la jeune femme dépressive. Un miracle se produit alors. Il y a comme une évidence à voir Derek Cianfrance adapter le best-seller de M.L. Stedman.

Christophe Narbonne
4
Mercenaire

Soane, rugbyman de 16 ans venu de Walliset-Futuna, débarque en métropole, dans le Nord, vendu à une équipe de seconde zone. Il va essayer de survivre entre les magouilles des clubs et celles des entraîneurs.

Sylvestre Picard
4
Poesia sin fin

Alejandro Jodorowsky signe un nouvel hommage vibrant à sa jeunesse.
Trois ans après son stupéfiant retour La danza de la realidad où Jodorowsky faisait preuve à 80 ans d'une énergie et d'une inventivité à rendre jaloux beaucoup de  jeunes cinéastes, le voilà qui reprend son récit autobiographique là où il l'avait laissé. Alejandro adulte est désormais incarné par Adan, le propre fils de Jodo et auteur de la musique et le récit initiatique qui suit perd en symbolisme ce qu'il gagne en sensibilité.
Gérard Delorme

Gérard Delorme
3 The Sea Is Behind

Cet ovni expérimental dénonce à la fois l’homophobie et la misère sociale au Maroc. Aussi foutraque que pertinent. Voir aussi notre critique dans le numéro 472 de Première, page 105. C.N.

Christophe Narbonne
2
Nola Circus

Avec cette histoire de barbier qui sort en secret avec une jeune femme, dont le demi-frère jaloux tabasse tous les pizzaiolos du quartier, le réalisateur français Luc Annest voudrait transposer à La Nouvelle-Orléans l’ambiance des comédies de Guy Ritchie. Hélas, l’humour lourdingue et la direction d’acteurs en roue libre peinent à nous arracher un sourire. D.L.

Damien Leblanc