4
Paris pieds nus

Le belge Dominique Abel et la canadienne Fiona Gordon se sont unis pour le meilleur et pour le rire au début des années 80, créant des spectacles où l’absurde le dispute à la poésie. Ils passent au cinéma en 2006 avec L’iceberg qui reprend ces motifs avec un style aussi dépouillé que graphique qui rappelle Tati et Etaix.

Christophe Narbonne
4
Terre de roses

Au Kurdistan, les Peshmergas luttent contre l'hégémonie de l’État Islamique sur le territoire kurde. Dans Terres des roses, Zaynê Akyol suit plus particulièrement, à l'aide d'une réalisation très immersive, un bataillon de combattants composé entièrement de femmes. À côté du démontage de kalachnikovs et des exercices paramilitaires, le documentaire nous restitue une ambiance étonnamment lyrique où elles continuent à parfaire leur savoir-faire en cuisine, à soigner leur apparence en se coiffant chaque matin et à profiter de leur temps libre pour s'adonner au chant et à la danse.

François Rieux
4
La confession

Dans cette nouvelle version du roman de Beatrix Beck, Nicolas Boukhrief reformule la question de l'ennemi intérieur.

Gael Golhen
4
Kong : Skull Island

Le retour de Kong dans les années 70 est un modèle de blockbuster divertissant.

Sylvestre Picard
4
Traque à Boston

Un thriller urbain super efficace où la question du terrorisme est traitée à "l’américaine".

Benjamin Rozovas
4
20th century women

Nos habitudes de spectateurs sont tellement conditionnées par les séries télé qu’on regarde désormais de jolies chroniques à la 20th Century Women comme autant de pilotes pour d’éventuels feuilletons, des amorces de sagas au long cours. On soupçonne d’ailleurs le réalisateur Mike Mills d’avoir étudié de près les néo-soaps usinés par la télé câblée des années 2000, tout en feuilletant les pavés littéraires importants de l’époque (Les Corrections, de Jonathan Franzen en tête).

Frédéric Foubert
4
Saigneurs

Le bruit des machines. Assourdissant. Tout le temps. Et la difficulté de découper, saigner ou désosser des animaux qui luttent comme ils peuvent pour grappiller quelques instants de vie. Toujours à hauteur d'homme, jamais gore, ce documentaire est une plongée dans le quotidien des petites mains du marché de la viande. Des portraits de gens sous-payés, stressés et souvent atteints de troubles musculo-squelettiques quand ils ont le courage de rester assez longtemps.

François Léger
4
20th Century Women

Nos habitudes de spectateurs sont tellement conditionnées par les séries télé qu’on regarde désormais de jolies chroniques à la 20th Century Women comme autant de pilotes pour d’éventuels feuilletons, des amorces de sagas au long cours. On soupçonne d’ailleurs le réalisateur Mike Mills d’avoir étudié de près les néo-soaps usinés par la télé câblée des années 2000, tout en feuilletant les pavés littéraires importants de l’époque (Les Corrections, de Jonathan Franzen en tête).

Frédéric Foubert
4
À ceux qui nous ont offensés

A ceux qui nous ont offensés mise beaucoup sur ses interpètes pour incarner, sur trois générations, la complexité des conflits au sein d'une famille de pieds nickelés plus ou moins sympathiques. Le grand-père, un patriarche illettré et fier de l'être (Brendan Gleeson), règne depuis son fauteuil de jardin sur une bande de gitans irlandais spécialisés dans le cambriolage des manoirs de la région.

Gérard Delorme
3
Logan

Tous les voyants étaient au vert : pas de PG-13 imposé, un studio inquiet par la noirceur et la violence affichée du montage final, un script inspiré de Old Man Logan (le meilleur comics écrit par Mark Millar) qui place le mutant griffu dans une Amérique post-apocalyptique où les superhéros sont tous morts... Et, par-dessus tout, la promesse pour Hugh Jackman de dire enfin adieu à Wolverine, à un personnage qu'il incarne depuis dix-sept ans, depuis le premier X-Men de Bryan Singer.

Sylvestre Picard
4
Paula

Connaissez-vous Paula Becker ? Cette peintre allemande fut carrément une des pionnières de l’art moderne avec ses tableaux fuyant l’académisme encore majoritaire au tournant du XXème siècle. Réalisateur du très beau De l’autre côté du mur, Christian Schwochow s’intéresse à l’émancipation de cette féministe -terme pas encore galvaudé- avant l’heure qui vécut une union assez libre, mais non réciproque, avec son mari, le peintre classique Otto Modersohn.

Christophe Narbonne
4
Patients

Un biopic sur Grand Corps Malade ? Sur comment Fabien Marsaud est devenu l’incarnation du slam à la française ? Sur la création en mode « je souffre donc j’écris » ? Rien de tout cela. Patients (même titre sec que le bouquin) ne sacrifie pas à la tendance de l’hagiographie filmée exhaustive –saupoudrée de masochisme suspect. C’est une vraie proposition de cinéma qui défend un point de vue et qui cherche la meilleure façon de le mettre en valeur.

Christophe Narbonne
4
T2 Trainspotting

Iggy Pop appelle ça la "Post Pop Depression". C’est le titre de son dernier album, mais aussi, plus largement, un slogan censé résumer notre époque, ce monde post-Bowie où les icônes du XXème siècle tombent comme des mouches, où les hommages et les "RIP" émus saturent quotidiennement Facebook, où la pop culture passe son temps à contempler les vestiges de sa splendeur passée. En s’asseyant devant Trainspotting 2 (T2 pour les intimes), impossible ne pas entendre les réflexions philosophiques de l’Iguane bourdonner à nos oreilles.

Frédéric Foubert
0
Des amours, désamour

Un drôle d'objet opportuniste qui sort au lendemain de la Saint-Valentin. L'histoire de quatre couples parisiens qui se rencontrent pour la première fois, doutent de l'autre, se séparent ou tentent de raviver la flamme. Des Amours, désamour se rêve en Love Actually à la française mais ne dépasse jamais le stade de - mauvais - téléfilm de TF1. Casting en roue libre (Anthony Delon, Linda Hardy, Joy Esther…) et réalisation d'une pauvreté abyssale rendent cet essai sur l'amour totalement irregardable.

François Léger
2
Alibi.com

Après les deux Babysitting, coréalisés avec Nicolas Benamou, Philippe Lacheau se lance en solo. Alibi.com est sans surprises ultra « pitché » : Greg a fondé une société spécialisée dans tout type d’alibi pour personnes indélicates. Le jour où il s’amourache de Flo, qui déteste les menteurs, il se retrouve dans une impasse d’autant que le père volage de la jeune femme fait partie de ses clients… Ça commence par des cameos vaguement amusants de Vincent Desagnat, Michèle Laroque et Joye Starr (en rappeur gay honteux, hum).

Christophe Narbonne
3
Fukushima mon amour

Marie, une jeune Allemande au passé trouble, débarque au Japon, à Fukushima, pour redonner un sens à leur vie à des populations sinistrées par le fameux accident nucléaire. Sur place, elle rencontre Satomi, une vieille geisha hantée par des fantômes, auprès de qui elle choisit de vivre, dans une vieille bicoque abandonnée. Filmé dans un impeccable noir et blanc, Fukushima mon amour (la référence au classique d’Alain Resnais n’est évidemment pas fortuit) raconte l’improbable amitié entre deux femmes que tout sépare, la langue, l’âge, les manières, les croyances, la culpabilité.

Christophe Narbonne
3
Loving

Michael Shannon, l’acteur fétiche de Jeff Nichols, ne joue que cinq minutes dans Loving. Mais il se débrouille quand même pour hériter de la plus belle scène, dans le rôle d’un photographe de Life venu immortaliser Richard et Mildred Loving dans leur petite bicoque de Virginie. Dans les années 60, ce couple était devenu l’un des emblèmes de la lutte pour les droits civiques, en décidant de se marier alors que les lois de leur État interdisaient les unions « interraciales », puis en portant leur cause devant la Cour suprême, qui finit par changer la Constitution.

Frédéric Foubert
4
L'indomptée

Axèle, photographe, et Camille, écrivain, partent pour un an en résidence à la Villa Médicis, à Rome. Les deux femmes se lient d'amitié, mais Axèle se révèle bien plus mystérieuse que prévu… Après la série Les Revenants, Clotilde Hesme et l'excellente Jenna Thiam se retrouvent pour cet intrigant drame sur l'inspiration artistique, la puissance des rêves et la confiance en soi. Quelque chose de profondément poétique se dégage de L'Indomptée, avec un formidable travail sur la photographie, qui insuffle ou reprend la vie aux statues qui entourent la Villa.

François Léger
4
David Lynch - The Art of Life

Aucune révélation sur la saison 3 de Twin Peaks n’est au menu de ce documentaire, néanmoins indispensable à tout fan de David Lynch qui se respecte. Depuis sa maison-atelier des hauteurs de Hollywood, sa superbe crinière blanche émergeant de la fumée des clopes qu’il fume à la chaîne, le réalisateur de Blue Velvet et Lost Highway se confie ici comme rarement, revenant sur ses années de formation, de son enfance idyllique dans l'Amérique de l'après-guerre au tournage d’Eraserhead.

Frédéric Foubert
4
Dans la forêt

Deux enfants, Ben et Tom, rejoignent leur père en Suède pour les vacances. Sauf que leur papa est un peu bizarre et décide du jour au lendemain de les emmener au cœur de la forêt se cacher dans une maison perdue. Arrêtons-nous au seuil de ce résumé pour ne pas gâcher les surprises du scénario de Dans la forêt.

Sylvestre Picard
4
A cure for life

Le nouveau film de Gore Verbinski confirme que le réalisateur de Pirates des Caraïbes est un grand.

Sylvestre Picard
4
rock n roll

Lassé de son statut de gendre idéal, Guillaume Canet s’encanaille dans un ego-trip corrosif et très drôle, mais comme effrayé par sa propre noirceur.

Gael Golhen
5
Silence

Le cinéaste filme les multiples contradictions d’un homme de foi face aux doutes et à la cruauté. Un chef-d’œuvre qui pose plus de questions qu’il n’impose une vision.

Gael Golhen
3
Seule mais pas trop

Suzy, trentenaire qui entretient une relation tumultueuse avec sa mère envahissante, vient de perdre son travail et se faire larguer par son copain alors qu’elle est enceinte. Première réalisation d’Alexandra Robert, qui porte ici les casquettes de réalisatrice, actrice, dialoguiste, et scénariste, Seule… mais pas trop est une œuvre gauche mais sincère. Une sorte de Bridget Jones à la française –ou plutôt à la bretonne- qui brille moins par son cachet cinématographique que par une certaine bonne humeur communicative.

François Rieux
2
Lion

Harvey Weinstein vous ordonne de préparer vos mouchoirs.

Frédéric Foubert
3
Fences

Démonstratif, sentencieux, Fences est avant tout un terrain de jeu pour Denzel Washington, totalement habité par un rôle qui semble être celui de sa vie.

Vanina Arrighi de Casanova
4
Les derniers parisiens

De tous les groupes de hip-hop nés dans les années 90, La Rumeur est sans doute celui qui impose le plus de respect en raison de sa longévité, de son intégrité artistique et de la profondeur de ses textes. Avec l’excellente minisérie De l’encre (diffusée en 2011sur Canal+), portrait d’une jeune rappeuse hardcore obligée de se renier pour gagner sa croûte, les deux leaders de La Rumeur ont appliqué à la fiction leur credo : de l’authenticité, de l’authenticité, encore de l’authenticité.

Christophe Narbonne
4
Certaines femmes

La cinéaste indépendante Kelly Reichardt poursuit son chemin mutique sur les routes d’Amérique. Certaines Femmes entrecroise quatre portraits de, hum… femmes (Laura Dern, Michelle Williams, Kristen Stewart et Lily Gladstone) dans une forme proche du film à sketches, évoquant le Short Cuts de Robert Altman. C’est un film intrigant, intimidant, mais assez passionnant si on décide de ne pas se laisser impressionner par ses longues plages de silence.

Frédéric Foubert
4
De sas en sas

Pour son premier film, Rachida Brakni s’est intéressée au sort de ces femmes qui visitent leurs compagnons ou leurs fils en prison. « De sas en sas » résume bien le parcours de la combattante que cette démarche implique: les visiteuses passent littéralement d’une pièce à l’autre, chacune d’elles étant un passage obligé avant la suivante. Fouille, déshabillage, re-fouille, maquillage, attente… Le tout dans une chaleur étouffante (pas de clim’, c’est le plein été) et dans une insalubrité dégradante.

Christophe Narbonne
3
Si j'étais un homme

Il y avait de quoi avoir peur. Sa comédie girly Sous les jupes des filles fait encore cauchemarder certaines têtes pensantes du site. Et puis, avec son titre karaoké, Audrey Dana passe de Souchon à la chanteuse à coffre Diane Tell (le titre du film fait écho à sa chanson : Moi si j’étais un homme)… Il a les défauts de son premier long (le côté catalogue de situation, la provoc gratos et pas toujours aboutie), et pourtant, Si J’étais un homme se révèle plus drôle que prévu. C’est d’abord une comédie à pitch.

Pierre Lunn