AFFICHE
2
Quand nous étions sorcières

Tourné en 1986 en Islande, monté et post-produit durant les trois années suivantes, projeté pour la première fois en 1990 à Los Angeles, ce film sort enfin en France. Dans l’intervalle, la réalisatrice est morte et une certaine Björk Guõmundsdóttir, alors âgée de 20 ans, est devenue une star mondiale de la pop et a décroché un prix d’interprétation à Cannes pour Dancer in the Dark... Björk est évidemment l’attraction principale de ce long où elle fait entendre sa voix cristalline.

Christophe Narbonne
AFFICHE
3
Lourdes

Après la danse (Relève : histoire d’une création) et un portrait de Rocco Siffredi, les très éclectiques Thierry Demaizière et Alban Teurlai posent leur caméra à Lourdes. On peut raconter ce haut lieu de pèlerinage catholique de mille manières : en se concentrant sur les prêtres ou les marchands du temple par exemple. Mais Demaizière et Teurlai ont choisi d’entrer dans l’intimité des pèlerins qui entreprennent le voyage. Et, une fois encore, les réalisateurs remportent la partie grâce à leur incroyable capacité – jamais larmoyante – d’écoute et de... confesseurs.

Thierry Chèze
AFFICHE
2
Astrid

Dans la seconde moitié du XXe siècle, Astrid Lindgren a renouvelé la littérature enfantine avec des héroïnes fortes, féministes avant l’heure, comme Fifi Brindacier. Avec ce portrait de la romancière, Pernille Fischer Christensen raconte une jeune femme libre, fille-mère assumée dans un monde ultra machiste, dont les combats lui inspireront ses personnages. Cette existence-là est-elle passionnante ? À coup sûr, oui. Méritait-elle un film ? Celui-là, non.

Thierry Chèze
AFFICHE
2
ultravoKal

Dès son premier plan, lent travelling sur un lac brumeux sur lequel flotte une tête de porc décapitée, UltravoKalaffiche sa violence décomplexée. Celle des corps de ces deux paumés en cavale qui s'entrechoquent et s'enlacent en attendant l'heure fatidique. Celle de ce tueur à gage mystérieux qui porte sur sa peau la lourde charge de ses méfaits. Le vrai problème du film de Christophe Karabache, plombé par son esthétique saturée, ses dialogue épars et sa caméra figée, réside dans son incapacité à pleinement communiquer la tension à laquelle il aspire.

Jean-Baptiste Tournié
Nous Finirons Ensemble affiche
4
Nous finirons ensemble

L’exercice de la suite rappelle que le cinéma est au moins autant une industrie qu’un art. Dans 99,99 % des cas, on surfe sur un succès sans prendre le temps de creuser les situations et les personnages. L’unique mot d’ordre : battre le fer tant qu’il est encore chaud. À cette aune, Nous finirons ensembledétonne. D’abord, parce qu’on ne peut guère l’accuser de surfer sur une quelconque vague quand le carton des Petits Mouchoirsremonte à déjà neuf ans. C’est même une sacrée gageure que de se lancer dans une aventure où les protagonistes ont bien plus à perdre qu’à gagner.

Thierry Chèze
AFFICHE
3
68, mon père et les clous

Après avoir jeté des pavés dans les rues du Quartier latin en mai 1968, il en est devenu le quincaillier emblématique. Ce documentaire retrace par petites touches le parcours de Jean, ancien intellectuel maoïste devenu petit patron d’un magasin de bricolage. Dans 68, mon père et les clous, le réalisateur, son fils, cherche à comprendre pourquoi cet homme très cultivé, un temps assistant de Joris Ivens, et réalisateur de films, a soudain décidé de vendre des clous. Le regard est tendre, gentiment inquisiteur.

Sophie Benamon
AFFICHE
1
Coeurs ennemis

Cette adaptation d’un best-seller de Rhidian Brook (Dans la maison de l’autre) a un mérite : plonger dans l’Allemagne au sortir de la Seconde Guerre mondiale, contrôlée par les Alliés en charge de remettre ce pays sur pied. Un pan de l’histoire peu traité par le grand écran... mais que ce Cœurs ennemischoisit hélas de survoler, pour mieux se concentrer sur un énième et banal triangle amoureux : un officier anglais envoyé à Hambourg pour rebâtir la ville, sa femme et son amant, propriétaire allemand de la villa réquisitionnée dans laquelle ils ont emménagé.

Thierry Chèze
AFFICHE
2
Alice T.

Révélé en 2008 avec Boogie, Radu Muntean fait partie de la nouvelle vague roumaine qui rutile régulièrement dans les festivals internationaux. Alice T.a connu les rivages du lac Majeur de Locarno. On suit une ado rebelle qui épuise tous les gens autour d’elle (et bientôt le spectateur) : ses parents, ses profs, ses camarades... Radu Muntean n’hésite pas à charger la mule en ajoutant une grossesse et des racines familiales incertaines. Il y a bien aussi les cheveux rouges, mais comme disait le poète, on n’est pas sérieux... Bon, et puis quoi ?

Thomas Baurez
AFFICHE
2
Coming out

C’est un projet pétri de bonnes intentions mais dont la sortie en salles laisse quelque peu circonspect. Ce documentaire compile en un peu plus d’une heure les vidéos de jeunes gays du monde entier, lesbiennes, bi et trans, qui ont choisi de faire leur coming out sur internet. Certains sont accueillis avec empathie par leurs proches, d’autres suscitent incompréhension et rejet. Denis Parrot a le mérite de dresser un panorama assez large des différentes situations et de produire un instantané de notre époque forcément remuant.

Thierry Chèze
AFFICHE
2
Coming out

C’est un projet pétri de bonnes intentions mais dont la sortie en salles laisse quelque peu circonspect. Ce documentaire compile en un peu plus d’une heure les vidéos de jeunes gays du monde entier, lesbiennes, bi et trans, qui ont choisi de faire leur coming out sur internet. Certains sont accueillis avec empathie par leurs proches, d’autres suscitent incompréhension et rejet. Denis Parrot a le mérite de dresser un panorama assez large des différentes situations et de produire un instantané de notre époque forcément remuant.

Thierry Chèze
AFFICHE
2
Dieu existe, son nom est Petrunya

C’est un rite ancestral qui se déroule chaque année dans la petite ville de Stip, en Macédoine : un prêtre lance une croix de bois dans la rivière et les hommes plongent pour la récupérer. À la clé pour le vainqueur : bonheur et prospérité. Sauf que cette fois-ci, une jeune femme décide de s’inviter à la fête. Et surtout, de remporter le trophée et de le conserver précieusement malgré les pressions. Inspiré d’une histoire vraie, ce film aborde le combat éternel entre tradition et modernité, dont les femmes sont souvent les premières victimes collatérales.

Thierry Chèze
AFFICHE
2
Duelles

Après Illégal, remarquable film sur les sans-papiers, Olivier Masset-Depasse change radicalement de registre pour son deuxième long métrage. À la réalisation naturaliste d’une œuvre sociale et politique, succède un thriller psychologique à la mise en scène ultra stylisée et ultra référencée, entre Hitchcock (pour le sujet) et Douglas Sirk (pour ce Technicolor aux couleurs chaudes choisi pour figurer les années 60 où se déroule l’action).

Thierry Chèze
AFFICHE
2
Her Job

Le travail est l’avenir de la femme. Du moins permet-il à Panayiota de sortir de sa cuisine où elle fait la popote pour un mari râleur et deux gosses peu reconnaissants. Trouver un job, c’est aller voir ailleurs. Et tant pis si cet ailleurs est un centre commercial et que le travail en question consiste à conduire un petit véhicule pour faire reluire le sol. Cette vie mécanique et répétitive, le Grec Nikos Labôt la filme avec une certaine poésie.

Thomas Baurez
AFFICHE
4
Tremblements

Représentant à peu près unique du cinéma guatémaltèque, Jayro Bustamante s’est fait remarquer avec son premier long métrage, Ixcanul, portrait d’une jeune femme maya prisonnière des us et coutumes de sa communauté, qui impressionnait par sa sécheresse thématique et son panthéisme lyrique. Les ombres tutélaires des mexicains Carlos Reygadas (Lumiere silencieusePost Tenebras Lux) et Amat Escalante (HeliLa région sauvage) planaient au-dessus de ce premier film coup de poing, révélant en Bustamante un sacré tempérament de cinéaste.

Christophe Narbonne
AFFICHE
2
Jessica forever

Un film fantastique made in France. Chiadé mais vain. À une production française majoritairement engluée dans ses certitudes de classe n’ayant plus grand-chose à offrir, de nouveaux auteurs répondent heureusement par un certain goût du fétiche, revisitant des pièces oubliées de la maison cinéma : fantastique, burlesque, science-fiction... Citons pêle-mêle : La Fille du 14 juilletGaz de France,GraveLes Garçons sauvagesUn couteau dans le cœur...

Thomas Baurez
AFFICHE
4
Gloria Bell

Gloria, quatrième long métrage de Sebastián Lelio, est le portrait d’une quinquagénaire vibrionnante et lumineuse qui avait révélé le cinéaste aux yeux du monde en 2013 au festival de Berlin. Son interprète, Paulina García, y avait d’ailleurs remporté l’Ours d’argent de la meilleure actrice. Quatre ans plus tard, Lelio recevait l’Oscar du meilleur film étranger avec Une femme fantastique. Il n’en fallait pas plus pour attirer l’attention de Julianne Moore, qui a vu dans le personnage de Gloria une occasion en or de célébrer la femme de 50 ans dans toute sa vitalité.

Sophie Benamon
AFFICHE
1
Seule à mon mariage

Présenté dans la section de l’ACID lors de Cannes 2018, ce premier long métrage de fiction d’une documentariste de formation aligne tous les poncifs du film social sur la misère économique et sexuelle du monde occidental. Une jeune roumaine, fuyant son pays, sa mère toxique et sa maternité encombrante, y fait la rencontre sur internet d’un Belge célibataire -et évidemment malheureux. Et Marta Bergman d’enchaîner les rebondissements attendus au cours d’un récit incroyablement long, qui nous fait voir avec force démonstration le monde dans toute sa laideur et sa médiocrité.

Christophe Narbonne
El Reino (affiche)
4
El Reino

Grand gagnant des derniers Goya (les César espagnols) avec sept trophées, El Reino de Rodrigo Sorogoyen dresse un portrait sans concession du monde politique espagnol, corrompu jusqu’à l’os. Nul doute qu’en découvrant les péripéties du protagoniste englué dans une affaire de détournement d’argent, certains élus ont dû se sentir mal dans leur fauteuil de cinéma (si tant est qu’ils mettent les pieds dans une salle obscure).

Thomas Baurez
Raoul Taburin
2
Raoul Taburin

Dans cette adaptation du roman graphique de Sempé, Benoît Poelvoorde incarne un réparateur de vélos porteur d’un lourd secret : son incapacité à tenir sur une selle. Quand un ami photographe (Édouard Baer) lui demande de prendre la pose en situation (c’est-à-dire prêt à avaler le bitume, guidon en mains), Raoul Taburin se retrouve au pied du mur. L’argument, aussi mince et fragile qu’une chambre à air, s’il tenait la route sur les pages illustrées de Sempé, convoquant l’imaginaire du lecteur, s’écroule un peu à l’écran.

Christophe Narbonne
AFFICHE
3
L'époque

Avec son premier long métrage documentaire, Matthieu Bareyre propose une incursion dans une époque – la nôtre – qu’on croit à tort connaître par cœur à force de la voir scrutée et analysée en boucle dans le fil continu des chaînes d’info. Trois années de tournage nocturne, de 2015 à 2017, du lendemain de l’attentat de Charlie Hebdo à l’élection présidentielle. Trois années passées à filmer la jeunesse parisienne, à échanger avec elle, mais en sachant se faire discret pour lui laisser toute la place.

Thierry Chèze
AFFICHE
3
Menocchio

Parmi toutes ses vertus, le film de l’Italien Alberto Fasulo sur la figure d’un hérétique du XVIe siècle redonne au cinéma sa force picturale primitive. Tel le Dreyer de La Passion de Jeanne d’Arc faisant des visages un monde en soi, Menocchio tente de sonder les mystères de la foi – donc de l’âme – en regardant l’homme au fond des yeux. Nous voici face à un meunier lettré du Frioul, qui affirme que l’enrichissement de l’Église est un détournement de la parole de Dieu.

Thomas Baurez
AFFICHE
3
Le cercle des petits philosophes

Le philosophe Frédéric Lenoir part à la rencontre d’écoliers pour animer des ateliers durant lesquels il débat de questions existentielles et essentielles avec les enfants. Ça sert à quoi le maquillage ? Les cauchemars ? Pourquoi on meurt ? Pourquoi on existe ? « La mort, ça sert à mettre un terme à toutes nos souffrances » dit un petit garçon dont le recul et la lucidité sont globalement partagés par ses petits camarades, étonnants commentateurs de notre condition humaine.

Christophe Narbonne
AFFICHE
2
Première campagne

Au service politique de France 2 en 2016, Astrid Mezmorian se voit confier une mission que ses nouveaux collègues n’ont pas le temps de couvrir : les premiers pas dans la course à l’Élysée d’un ministre de l’Économie fraîchement démissionnaire, un certain Emmanuel Macron. Ce documentaire relate les coulisses de la campagne pour la présidentielle 2017 par le prisme de ce baptême du feu. Mais Première Campagne reste trop à la surface de son sujet pour convaincre. Il ne raconte rien de plus qu’on ait déjà lu ou vu sur le off des campagnes, tant du côté politique que journalistique.

Thierry Chèze
Liz et l'oiseau bleu affiche
4
Liz & l'Oiseau bleu

Les préjugés ont la vie dure. Si l’on vous dit que Liz et l’oiseau bleu est l’adaptation d’une série animée nommée Sound ! Euphonium, qui raconte la vie des membres d’un orchestre lycéen se préparant à un grand concours de musique classique, on s’attend à voir une fable pleine d’action, où de jeunes musiciens travaillent comme des fous pour remporter le concours sur le fil après une finale hyper tendue... Heureusement, les auteurs de Liz et l’oiseau bleu ont beaucoup plus d’imagination, de sensibilité et de talent que nous.

Sylvestre Picard
AFFICHE
3
Working Woman

C’est une histoire hélas banale : le harcèlement sexuel subi par la nouvelle recrue d’un patron d’une agence immobilière. Une histoire banale pour un film qui ne l’est pas. D’abord parce que sa réalisatrice décrit au scalpel le jeu initié par ce prédateur soufflant le chaud et le froid pour brouiller les pistes, et l’incapacité de sa victime à réagir, à la fois parce qu’elle se sent coupable et qu’elle a besoin de ce travail pour maintenir sa famille à flot.

Thierry Chèze
AFFICHE
2
Alpha : The right to kill

Brillante Mendoza nous a habitués à son style documentaire rugueux au service de polars empreints de réalisme social. Récemment, ces derniers semblent particulièrement inspirés par la sanglante lutte contre la drogue livrée par les autorités philippines. En 2016, Ma’ Rosa – qui a valu à Jaclyn Jose un prix d’interprétation à Cannes – montrait une mère de famille forcée de trafiquer de la méth pour survivre. L’an dernier, sa série Amo racontait la descente aux enfers d’un ado.

Sophie Benamon
Tanguy 2
2
tanguy le retour

Depuis le premier Tanguy, dix-huit ans se sont écoulés. Dans l’intervalle, Étienne Chatiliez est sérieusement rentré dans le rang et Éric Berger est retourné jouer au théâtre et les utilités au cinéma. Dire qu’on attendait leur retour serait exagéré, indifférence visiblement prise en compte par le distributeur qui n’a pas montré le film à la presse, alimentant les craintes les plus folles à son sujet. Déflorons tout de suite le suspense (inexistant) : Tanguy, le retour est conforme aux attentes, ni bon ni mauvais.

Christophe Narbonne
Simetierre affiche
2
Simetierre

Stranger Things et le carton phénoménal de Ça ont définitivement relancé la Stephen King-mania, présente ces jours-ci à tous les étages de l’industrie, de la série Castle Rock (un jeu de pistes méta dans l’univers du maître de l’horreur) à la suite de Shining, Docteur Sleep, que peaufine actuellement Mike Flanagan.

Frédéric Foubert
Alex, le destin d'un roi
3
Alex, le destin d'un roi

Attack the Block avait montré l’horizon esthétique de Joe Cornish : les productions Amblin mais remixées pour la génération hip-hop ; du spectaculaire et un émerveillement candide ; une passion pour les mythes (pop ou plus anciens) réinventés à travers un univers de gamers et de souvenirs cinéphiles. C’est le cas une fois de plus avec ce nouveau film qui ressemble d’ailleurs à un fantasme d’ado. Alex est un collégien de 12 ans qui se fait un peu martyriser par les élèves de sa classe. Un jour, il tombe sur une épée magique qu’il extraie d’un bloc de béton.

Gael Golhen
GALERIE
3
La Familia

À force de jouer avec le feu dans les rues agitées de Caracas, un ado de 12 ans a fini par s’y brûler. Un mot de trop, un geste malvenu et le voilà qui blesse gravement un garçon d’une favela proche. Une agression appelée à ne pas rester impunie et qui pousse son père à l’exfiltrer du quartier pour échapper à cette vengeance. La Familia raconte le face-à-face orageux de ce père tentant de canaliser son fils qui le méprise pour sa propension à toujours s’écraser pour sauver leur peau.

Thierry Chèze