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Critique Vendredi 12 Janvier 2007 5:17:00 pm

Placé en pension par son père trop occupé, un garçon de 4 ans découvre la vie en communauté et l’impossibilité de s’y plier. Empêtré de références – Les 400 Coups, de Truffaut, et Zéro de conduite, de Vigo –, débordé par une centaine d’enfants en liberté devant sa caméra, Zhang Yuan capte quelques moments épars de grâce et de vérité.

Isabelle Danel
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Critique Vendredi 12 Janvier 2007 5:02:00 pm

Le cinéma mexicain tient décidément la grande forme. (…) Le Violon est une fable puissante (sans être exempte de naïveté) qui appelle à l’insoumission tout en célébrant les vertus d’un cinéma expressionniste. À l’heure où les dictateurs d’Amérique latine vieillissent plutôt mal, cet appel à la révolte résonne étrangement.

Gael Golhen
2
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 5:00:00 pm

Placé chez sa grand-mère car ses parents sont débordés de travail, un adolescent des villes découvre la campagne indienne avec ses chèvres vivant dans les maisons et ses temples aux murs couverts de fresques. À scénario classique (choc des cultures, force des vieilles valeurs), mise en scène conventionnelle (faut-il faire un film lent sur la lenteur?). Pourtant, le charme opère dans la seconde moitié.

Isabelle Danel
2
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 4:57:00 pm

Sous la plume du romancier finlandais Arto Paasilinna, cette fable métaphysique avait des accents de lucidité amusée qui n’excluait pas la noirceur. En l’adaptant à l’écran, le cinéaste Marc Rivière n’a retenu que l’esprit écolo, avec une candeur exagérée. Il en faut pour ne pas rire à la vision de ce rongeur dont les couinements achèvent de le dépouiller de toute dimension symbolique.

Gérard Delorme
2
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 4:55:00 pm

Ex-journaliste au magazine Studio devenu réalisateur, Thierry Klifa confirme son admiration studieuse pour le cinéma français sentimentalo-sociétal et plein de vedettes (…). Une fois l’installation posée, Le Héros de la famille décline tout ce qu’on pouvait attendre d’un tel sujet avec un professionnalisme qui n’a d’égal que sa déconcertante absence de personnalité. (…) En son temps, François Truffaut aurait appelé ça de «la qualité France».

Nicolas Schaller
2
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 4:52:00 pm

L’idée d’une œuvre sur un quotidien hors du temps, bercé par une absence de bruit propice à rendre moins sourd, était louable. Encore eût-il fallu choisir entre le documentaire informatif, ce que n’est pas ce film abscons, sans interview ni commentaire extérieur (…). Bref, beaucoup de silence pour pas grand-chose.

Nicolas Schaller
4
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 4:51:00 pm

Avec Le Grand Appartement, le cinéaste très singulier se déchaîne. Et si l’on apprécie son art dilettante, c’est une sorte de régal. (…) À l’image de personnages bohèmes qui lui ressemblent probablement beaucoup, Pascal Thomas butine où bon lui semble, traîne dans les cafés de Paris où il fait bon boire, se promène à Florence où pérorent des professionnels de la profession cinématographique… (…). Le tout plébiscite l’épicurisme, la désobéissance, le plaisir du jeu et du je. (…) Ça fait du bien? Oui, ça fait.

Olivier de Bruyn
2
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 4:50:00 pm

Plus littéraire que cinématographique, le film trouve pourtant son rythme et sa force grâce au travail du chef opérateur Ricardo Della Rosa et à la présence imposante de deux belles actrices, vraiment mère et fille dans la vie, Fernanda Montenegro (Central do Brasil) et Fernanda Torres (Gemeas

Isabelle Danel
2
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 4:49:00 pm

Marc Recha (Pau et Son Frère) conjugue le cinéma à la première personne. Ici, l’impossibilité d’affronter son sujet dicte un film buissonnier où son jumeau et lui-même parcourent les paysages d’une Espagne qui n’a pas cicatrisé les plaies du franquisme. Entre vanité et vacuité, on s’accroche, mais le réalisateur nous retient à peine.

Isabelle Danel
3
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 4:39:00 pm

Si vous lisez ces lignes, c’est que vous avez passé l’âge d’aller voir seul ce dessin animé. Cette parabole à l’usage des moins de 6 ans sur les vertus de la différence, le courage et la force de la volonté ne réinventera pas le film d’animation. Mais sa réalisation soignée, la rondeur du dessin et l’univers ouaté raviront les enfants déjà fans du personnage. Les jeunes parents en profiteront pour récupérer leurs nuits de sommeil en retard

Gael Golhen
4
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 4:36:00 pm

Les 680 pages du livre ne tiennent pas dans les 105 minutes du film et certaines ellipses surprennent; le débutant blondinet Ed Speleers est un peu pâlot; la dragonne n’est pas toujours aussi spectaculaire qu’il le faudrait... Mais la fougue est là, et le panache aussi. Alors...

Isabelle Danel
4
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 4:32:00 pm

Tony Scott est de retour (…). Plus proche d’Ennemi d’État que de ses récentes crises d’épilepsie, Déjà vu tente le parti pris osé d’injecter un argument futuriste dans le corps d’un thriller (…) contemporain. (…) Quand il met son savoir-faire au service du film, et non l’inverse, le réalisateur de Top Gun reste une des valeurs les plus sûres du divertissement hollywoodien. Déjà vu ne prétend pas à autre chose, et s’en acquitte avec une aisance à la limite de l’insolence.

Mathieu Carratier
2
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 4:29:00 pm

Écrit et tourné vite, en réaction à l’échec du P’tit Curieux, 04, Coup de sang porte bien son titre. Filmée en caméra (numérique) subjective faisant du spectateur l’acteur principal, cette histoire d’un veuf que le monde désole et qui finit par tuer quelqu’un est animée d’une saine colère, mais pas seulement. Le noir et blanc troué de taches de couleur, les longs plans-séquences, le montage: c’est bel et bien du cinéma qui cherche. Et il lui arrive de trouver.

Isabelle Danel
3
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 4:27:00 pm

L’intérêt majeur de Coast Guards réside dans son traitement documentaire d’un sujet qu’on s’attend à voir diffusé sur la chaîne Planète (…) La partie dramatique est la grande faiblesse du film parce qu’elle n’arrive pas à sortir des conventions archirebattues du genre (…) À la rigueur, on retiendra l’interprétation des deux personnages principaux, honnêtes et énergiques, même s’ils sont, là aussi, prévisibles.

Gérard Delorme
3
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 4:21:00 pm

Le décalage assumé de cette fable sur la concupiscence et la fragilité de l’ordre social (ou tribal) font de 10 Canoës... (primé un peu partout, notamment à Cannes et Amiens) un objet de cinéma imparfait, certes, et d’une lenteur éprouvante, mais constamment insolite et inhabituel.

Isabelle Danel
3
Critique Jeudi 11 Janvier 2007 6:01:00 pm

Vinh, réfugié vietnamien adopté il y a vingt ans en Suisse, a vu se déliter la cellule familiale sous ses yeux. Pourtant sa mère naturelle, restée au pays, a continué de recevoir photos et cartes postales idylliques. À l’annonce de son mariage, elle saute dans un avion : les mensonges, comme la famille, de virtuels redeviennent réels. Pourquoi se compliquer ainsi la vie ? Filmé en caméra subjective, ce «journal intime» est une tragi-comédie universelle sur l’absence de communication et l’image du bonheur.

Isabelle Danel
3
Critique Jeudi 11 Janvier 2007 6:00:00 pm

Sauvé d’une mort certaine par une petite fille décidée, le cochon Wilbur se lie d’amitié avec Charlotte, une délicate araignée. La solidarité de tous les animaux de la grange et quelques mots bien choisis lui assureront une vie longue et heureuse. Adapté d’un classique de la littérature enfantine, ce joli conte éducatif filmé en images réelles (à part l’araignée !) s’adresse aux tous petits, avec cœur et sans niaiserie.

Isabelle Danel
4
Critique Jeudi 11 Janvier 2007 5:58:00 pm

Nous sommes ici à la lisière de deux mondes, comme le film se situe entre documentaire et fiction : le dictateur est tristement authentique tandis que le médecin est pure invention. Dans sa dernière partie, «Le Dernier roi d’Ecosse» bascule dans une horreur dont la vérité indéniable semble parfois «fictionnelle» tant la barbarie déployée dépasse l’entendement. (…) Le Général Idi Amin Dada, détrôné en 1979 et mort en 2003, est désormais personnage de cinéma, pour toujours lié au visage de Forest Whitaker, passant du fragile au monstrueux comme personne.

Isabelle Danel
2
Critique Jeudi 11 Janvier 2007 5:56:00 pm

Lors du week-end de Pâques, l’arrivée de la compagne du fils dans une famille d’architectes menace de faire s’écrouler l’équilibre familial. Filmé en temps réel et façon Dogme (mais avec une image encore plus laide), ce premier long d’un jeune Chilien pétri de références pasoliniennes transpire le grand désir de cinéma de son auteur. Mais il ressemble trop à un essai brouillon.

Isabelle Danel
4
Critique Jeudi 11 Janvier 2007 5:55:00 pm

Oubliez le pitch réducteur (« Rain man avec l’actrice d’Alien »). Snow cake ressemble à un fruit issu de la culture artisanale : son apparence n’est peut-être pas aussi appétissante et colorée que celle d’un produit industriel, mais l’intérieur révèle une profondeur et une substance d’une richesse incomparable. Le film repose sur un script extrêmement bien écrit (par une scénariste débutante), qui réserve une surprise à chaque scène. (…) Weaver joue sobrement, aux antipodes de la performance ostentaire que ce genre de rôle fait inévitablement redouter depuis My left foot.

Gérard Delorme
2
Critique Jeudi 11 Janvier 2007 5:49:00 pm

Fuyant l’enfer iranien, une lesbienne prend la fausse identité d’un suicidé et tente, dans la clandestinité, de s’installer en Allemagne où elle s’éprend d’une jeune mère de famille. Tous les maux de la terre sont dénoncés au fil de cette intrigue rocambolesque : répression religieuse en orient, précarité, beauferie et xénophobie en occident. Mais c’est surtout le portrait sensible d’une femme privée de son identité qu’il faut retenir, à condition de faire abstraction des nombreuses invraisemblables…

Gérard Delorme
4
Critique Jeudi 11 Janvier 2007 5:48:00 pm

Pour se tirer d’un mauvais pas, Ratso, rat opportuniste, s’autoproclame papa d’un œuf non encore éclos. Le vilain petit canard qui en sort, aussitôt baptisé Moche, deviendra un grand cygne, moche aussi, dont Ratso voudrait faire une attraction de fête foraine… Malgré le graphisme un peu criard, ce film animé en 3D est bourré d’idées qui font se rejoindre l’esprit d’Andersen et de Gotlib en passant par celui des créateurs de Shrek. C’est joyeusement bête et méchant. Tout ce qu’on aime !

Isabelle Danel
3
Critique Jeudi 11 Janvier 2007 5:47:00 pm

Maury, un paysan charentais, accueille dans sa ferme une famille juive qui fuit la zone occupée. Hospitalité, courage, résistance : Christophe Malavoy traite de nobles sentiments avec pudeur et humanité. En adaptant la pièce éponyme de Jean-Claude Grumberg, il signe un premier film taillé sur-mesure pour ses interprètes et parvient à éviter les clichés et la sensiblerie. Sur le fond, Zone Libre décrit une attente interminable et les questions qui vont avec, entre peur de se faire capturer et culpabilité étrange d'être protégé.

Benjamin Mallet
2
Critique Jeudi 11 Janvier 2007 5:45:00 pm

La plus grande erreur de Laurent Tirard (Mensonges et Trahisons…) est d’avoir intitulé cette farce Molière après le biopic éponyme d’Ariane Mnouchkine avec Philippe Caubère, considéré comme la référence sur la vie de l’acteur-dramaturge. Cette faute de goût vaudra sûrement à son film les foudres de la critique et des théâtreux. (…) Reste le versant fantaisiste et private-joke du film où Fabrice Luchini en vaniteux ignorant et Édouard Baer en « dandylettante » arriviste prennent un malin plaisir à rire de leur image.

Nicolas Schaller
2
Critique Jeudi 11 Janvier 2007 5:41:00 pm

Une écrivain trentenaire, bisexuelle et fan d’opéra entretient deux relations parallèles avec un gars et une fille, sans savoir qu’ils form(ai)ent un couple. Un énième ersatz de vaudeville new-yorkais à la Woody Allen, si dénué de charme, d’esprit ou de singularité que même les acteurs, bourrés des tics de jeu inhérents au genre, semblent à peine y croire. C’est dire.

Nicolas Schaller
2
Critique Jeudi 11 Janvier 2007 5:40:00 pm

LA déception du mois. Toute l’admiration que l’on peut avoir pour l’audacieux Soderbergh et son goût de l’expérimentation ne peut rien face à ce bel objet inerte. Références affirmées du cinéaste, Casablanca (Michael Curtiz, 42), La Scandaleuse de Berlin (Billy Wilder, 48) et Le Troisième Homme (Carol Reed, 49) restent aujourd’hui encore des œuvres remuantes, des modèles de rythme, d’efficacité scénaristique et d’agitation émotionnelle.

Nicolas Schaller
3
Critique Jeudi 11 Janvier 2007 5:39:00 pm

Soyons fair-play et évitons la comparaison avec Pirates des Caraïbes (question budget, prouesses visuelles et intrigues, L’île au trésor n’a rien d’une production Bruckheimer). Les qualités de cette Île au trésor sont ailleurs. Le film de Berbérian (La cité de la peur, le boulet) tente de faire coïncider le service minimum des histoires de avec une bonne dose de comédie fantaisiste, prétexte à un abattage de comédiens parfaits. (…) Jugnot et Rouve, impeccables, relèvent à merveille le goût de cette barbapapa en celluloïd, moins aventurière que comique.

Gael Golhen
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Critique Jeudi 11 Janvier 2007 5:37:00 pm

La naissance de leur fils handicapé a transformé Julien en père dévoué, mais Mado le rêve toujours en amant passionné… Introduit par une scène d’infanticide glaçante, hanté de mythologie (Médée) et de théâtre (L’Echange de Claudel), ce premier film n’a qu’un défaut : son image en DV peu avenante. Habité par des comédiens superbes, il observe avec une acuité terrible et fascinante jusqu’où l’être humain est capable d’aller par amour.

Isabelle Danel
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Critique Jeudi 11 Janvier 2007 5:34:00 pm

Deux anciens combattants vietcongs partent à la recherche des tombes éparpillées de leurs compagnons d’armes dans l’espoir de ramener leurs corps à leurs familles. Une ligne directrice incertaine et des choix discutables affaiblissent ici l'intérêt que pouvait constituer la description des rites mortuaires dans la culture et l'histoire vietnamiennes. Passée la curiosité initiale, l'ennui l'emporte et le film s'ajoute à la longue liste des docus formatés pour la télé mais curieusement sortis au cinéma.

Benjamin Mallet
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Critique Jeudi 11 Janvier 2007 5:30:00 pm

Reporter photographe et documentariste, Florent Marcie est parti en Tchétchénie en 1996, au début de la guerre, ne parlant pas un mot de russe, armé d’une petite caméra, de deux appareils photos et d’une toile blanche, où chaque personne rencontrée dessine sa rage ou son espoir. Dix ans après, ces images sont plastiquement belles, émotionnellement dévastatrices et historiquement indispensables. Un grand film pour dire un génocide qui trouve ses racines au XVIIIe siècle et ne voit pas sa fin.

Isabelle Danel