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La femme de mon frère

Les muses prennent le pouvoir. Au dernier Festival de Cannes, Hafsia Herzi présentait à la Semaine de la critique Tu mérites un amour, son premier long métrage de réalisatrice, où palpitait à chaque plan l’influence esthétique d’Abdellatif Kechiche, son pygmalion de La Graine et le Mulet.

Frédéric Foubert
Affiche Yves
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Yves

En ouvrant sa programmation par Le Daim et en fermant le ban par Yves, la Quinzaine des réalisateurs 2019 a fait le choix de la cohérence en clamant haut et fort son amour des cinéastes français aimant manier l’absurde dans d’apparentes comédies qui vont à chaque fois vagabonder vers d’autres rives. Mais si Quentin Dupieux et Benoît Forgeard partagent un penchant pour les pitchs bien secoués, la comparaison entre eux s’arrête là.

Thierry Chèze
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Tolkien

Les réalisateurs de biopics courent après une chimère : rendre palpable à l’écran l’inspiration de l’artiste dont ils ont choisi de narrer la trajectoire. À ce petit jeu, Milos Forman avec son Amadeus a poussé les choses très loin, faisant de son modèle (Mozart donc !) l’œuvre en elle-même. L’homme Amadeus à l’écran était tout à la fois une symphonie, une sonate, un requiem... Dès lors que tout vibre en et autour de lui, pas besoin de dérouler la fiche Wikipédia pour se faire comprendre. À quoi ressemble ce J. R. R. Tolkien ?

Thomas Baurez
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Bernard Natan, le fantôme de la rue Francœur

Vous ne connaissez sans doute pas Bernard Natan, et pourtant, il fut une figure essentielle du cinéma d’avant-guerre, un producteur de génie qui remit à flot l’entreprise Pathé et fit construire les studios de la rue Francœur, ceux qui abritent aujourd’hui la Fémis. Cet homme aurait dû rester dans toutes les mémoires, mais Natan était juif et il fut, au milieu des années 30, l’objet d’une cabale antisémite avant d’être déporté en 1942 et de mourir à Auschwitz. Depuis, silence radio. Le principal mérite de ce documentaire est de lever le voile sur l’« affaire Dreyfus du cinéma français ».

Pierre Lunn
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Contre ton cœur

Pour son premier long métrage depuis sept ans, la réalisatrice de Os mutantes aborde une thématique qui inspire fortement le cinéma portugais d’aujourd’hui : les dommages collatéraux causés par la crise qui a frappé durement le pays. Mais là où son compatriote Pedro Pinho transcendait son sujet avec le récent L’Usine de rien en mêlant audacieusement analyse politique et comédie musicale, Teresa Villaverde prend le parti de dérouler au premier degré le récit d’une famille menacée de paupérisation par le spectre grandissant du chômage.

Thierry Chèze
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Anna un jour

Le cinéma réaliste tout en caméra portée – et à hauteur de nuque ! – a fait ses preuves. Les Dardenne en figures tutélaires ont montré la voie. À la sauce hongroise, ça donne Anna, un jour, découvert à la Semaine de la critique cannoise l’année dernière. Une mère trimballe ses bambins d’un appartement à l’autre, prend sa voiture, se rend à son travail, récupère la marmaille de plus en plus agitée et repart dans l’autre sens. Le mari est là. Un peu à distance. Il trompe Anna. Anna tient quand même debout. Il le faut bien.

Thomas Baurez
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Bunuel après L'âge d'or

C’est un épisode méconnu de la vie de Luis Buñuel que l’Espagnol Salvador Simo a choisi de mettre en avant dans ce portrait d’un jeune homme, bon vivant et à l’humour cinglant, loin de l’icône sérieuse qu’il deviendra. Il est alors l’assistant de Jean Epstein, le compagnon des surréalistes, et faisait partie des artistes en vogue dans le Paris de la fin des années 20, où son Chien andalou lui avait apporté la renommée.

Sophie Benamon
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Nevada

L’an dernier sortait un remarquable documentaire, The Ride, qui suivait la chevauchée de cavaliers sioux sur la trace de leurs ancêtres massacrés par les Blancs. Quel(s) rapport(s) avec ce qui nous intéresse aujourd’hui ? Il y en a plusieurs : les chevaux, la relation à l’Americana, la nationalité française de la réalisatrice, Stéphanie Gillard, une femme elle aussi exilée aux États-Unis pour son premier film de cinéma... À l’aune de ce joli précédent, Nevada semblerait confirmer, sinon une tendance, une convergence de vues et de personnes.

Christophe Narbonne
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Noureev

Vouloir raconter la révolution qu’un artiste comme Rudolf Noureev a provoqué dans la danse, mais aussi ses années de formation et son enfance mouvementée relève de l’impossible. Ralph Fiennes, fasciné par la Russie, a relevé ce défi pour son troisième passage derrière la caméra après Ennemis jurés et The Invisible Woman. Et malgré l’ampleur de la tâche, il s’en sort plutôt pas mal. D’abord, il réussit à échapper au classicisme du biopic en concentrant son action sur les quelques semaines que le danseur du Kirov vécut à Paris, en juin 1961, avant de passer à l’Ouest.

Sophie Benamon
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Le Daim

Fils caché de Bertrand Blier, des ZAZ et de Sam Raimi, le stakhanoviste Quentin Dupieux a réalisé sept films en douze ans. Sept films marqués du sceau de l’absurde, du gore et du grotesque qu’il décline avec l’amour et la précision de l’artisan -il cumule les postes de réalisateur, scénariste, chef op’ et monteur. Plus d’un film tous les deux ans, n’est-ce pas trop pour un seul homme, aussi talentueux soit-il ? Pas forcément : Blier en a tourné huit entre 1974 et 1986, dont trois classiques certifiés -Les ValseusesBuffet froidTenue de soirée.

Christophe Narbonne
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Dirty God

La Néerlandaise Sacha Polak avance ici en terrain miné tant, sur le papier, chaque scène ou presque de ce Dirty God pourrait basculer dans un voyeurisme misérabiliste. On y suit le quotidien façon parcours du combattant d’une mère d’une enfant de 2 ans, au visage défiguré à l’acide par son ex-compagnon. Et si Sacha Polak a tendance à se complaire dans une obsession naturaliste « sous-loachienne » inutile, l’essentiel se situe ailleurs.

Thierry Chèze
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Silence

Le Silence de Martin Scorsese n’était pas à proprement parler un remake. Plutôt une nouvelle adaptation du magnifique roman de Shusaku Endo (1966) racontant la traque de missionnaires jésuites dans le Japon du XVIIe siècle. En découvrant aujourd’hui seulement le film de Masahiro Shinoda (présenté au Festival de Cannes en 1972 mais resté inédit dans les salles françaises), on est pourtant frappé par la ressemblance entre les deux œuvres, leur évidente gémellité.

Frédéric Foubert
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Men in Black : International

Reboot ? Spin-off ? À vrai dire, même après l’avoir vu, on ne sait pas dans quelle catégorie ranger Men in Black International, qui fait néanmoins table rase du passé avec un casting entièrement renouvelé -à l’exception d’Emma Thompson qui reprend le rôle de l’agent O apparu dans le 3. Rappelons le concept de la franchise : des hommes en noir veillent à la cohabitation harmonieuse sur Terre entre aliens et humains à l’insu de ces derniers -dont la mémoire est effacée en cas d’indiscrétion.

Christophe Narbonne
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Greta

Neil Jordan fait partie des cinéastes majeurs qui ont « esthétisé » le thriller dans les années 90. Avec The Crying Game ou Entretien avec un vampire, le réalisateur irlandais a marqué le cinéma mondial. Il se fait plus rare depuis quelques années, victime, comme tant d’autres, du tournant de Hollywood vers les blockbusters familiaux. Il nous revient avec un pur film de genre qui met face à face deux femmes. Frances (Chloë Grace Moretz) est une jeune fille perdue depuis la mort de sa mère. Elle trouve un sac luxueux dans le métro et décide de le rapporter à sa propriétaire.

Sophie Benamon
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Roxane

Il y a plus d’un siècle et demi, le journaliste Francisque Sarcey écrivait dans son journal que « les paysans bretons sont si ignorants qu’ils croient à l’influence de la Lune sur les marées ». Aujourd’hui, il rajouterait qu’ils sont tellement bêtes qu’ils pensent que la littérature peut changer le monde. C’est ce que raconte le joli film Roxane. On y suit l’histoire de Raymond, un agriculteur avec un drôle de secret : l’amour des mots lui est tombé dessus par hasard. Sans éducation ni bagage, ce paysan a cultivé cette passion, n’avouant ce penchant qu’à... ses poules.

Gael Golhen
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11 fois Fátima

C’est un film choral en mouvement : onze femmes du même village du nord du Portugal se lancent dans un périple pédestre de 400 kilomètres vers Fátima, haut lieu de pèlerinage catholique. La route est longue... et le film tout autant ! Car vite dépassé par le nombre de personnages à embrasser, le Portugais Joao Canijo rate sa phase d’introduction et ne permet jamais vraiment de s’attacher à elles, s’obligeant par la suite à forcer le trait pour susciter de l’émotion.

Thierry Chèze
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Un havre de paix

Ce premier long met en scène les retrouvailles de trois frères qui enterrent leur père dans le kibboutz de leur enfance, alors que le plus jeune doit partir dans quelques jours faire la guerre à la frontière libanaise. Mais gare aux apparences ! Ce projet très personnel (Yona Rozenkier l’interprète avec ses propres frères et a tourné dans le kibboutz où ils ont grandi) ne se résume pas à un énième film sur Israël en guerre.

Thierry Chèze
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Charlotte a 17 ans

Il y a de l’énergie à revendre dans ce teen movie venu du Québec. Et une volonté affirmée de donner la parole aux jeunes femmes (les adultes y sont absents et les garçons confinés aux seconds plans) dans un genre où elles sont souvent réduites au simple rôle de la « petite amie ». À commencer évidemment par la Charlotte qui lui donne son titre : une ado qui, pour guérir d’une peine de coeur (son premier amour lui a avoué son homosexualité), décide de multiplier les expériences sans se soucier du qu’en-dira-t-on.

Thierry Chèze
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Zombi child

Il y a des films qui donnent tout, tout de suite (Sibyl ce mois-ci, par exemple), d’autres qui s’envisagent comme des matières plus ou moins dormantes où les choses se cristallisent après coup. En l’espèce, Bertrand Bonello, réalisateur de films de cette seconde catégorie (De la guerre, Nocturama...), s’attaquant à une histoire de morts-vivants paraissait logique. La grâce de sa mise en scène flottante et charnelle n’empêchait pas sur le papier le gore de surgir. Nous voici à Haïti dans les années 60. Un homme tombe en pleine rue.

Thomas Baurez
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Sillages

Depuis quarante ans, la Mini Transat est un défi réservé aux casse-cou, une course en solitaire où il s’agit de relier à bord d’un voilier de 6,50 mètres, sans autre moyen de communication qu’une VHF, la France aux Antilles. À la fois voyage initiatique, laboratoire d’innovations technologiques et écurie de talents, c’est l’un des mythes de la voile contemporaine. Mais comment filmer cela, alors que les navigateurs ne sont confrontés qu’à des choses anti-spectaculaires (pétole, creux de vagues infilmables et solitude extrême) ?

Pierre Lunn
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Les particules

Que se passe-t-il quand l’accélérateur de particules le plus puissant du monde se trouve à deux pas du lycée où une bande de potes vit sa dernière année avant de partir à la fac ? Eh bien, pas grand-chose si l’on en croit les 98 interminables minutes de ce premier long métrage qui, arrivé à son terme, donne l’impression de n’avoir jamais vraiment commencé.

Thierry Chèze
X-Men Dark Phoenix
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X-Men : Dark Phoenix

La mutante Jean Grey se retrouve possédée par une force cosmique phénoménale, et la voilà devenue tellement puissante qu’elle menace la survie de l’humanité... L’histoire de Dark Phoenix a déjà été racontée dans X-Men : L’Affrontement final en 2006, et c’était l’un des pires films de la X-franchise. Treize ans plus tard, avec le casting des « nouveaux » X-Men, ce n’est pas tellement mieux.

Sylvestre Picard
affiche face au vent
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Face au vent

Après des années d’exil en Argentine où elle exerce la danse, Monica revient dans la maison familiale, près de Burgos, en Espagne, où son père vient de s’éteindre. Sur place, elle renoue un lien partiellement défait avec sa soeur et, surtout, avec sa mère, qu’elle va aider à vendre la maison... Avec un sens infini du détail (un brossage de cheveux affectueux, des parties de cartes complices...), la réalisatrice décrit des rapports familiaux compliqués, taiseux, peu démonstratifs, à l’origine d’un malaise perceptible mais jamais criard.

Christophe Narbonne
affiche face au vent
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Face au vent

Après des années d’exil en Argentine où elle exerce la danse, Monica revient dans la maison familiale, près de Burgos, en Espagne, où son père vient de s’éteindre. Sur place, elle renoue un lien partiellement défait avec sa soeur et, surtout, avec sa mère, qu’elle va aider à vendre la maison... Avec un sens infini du détail (un brossage de cheveux affectueux, des parties de cartes complices...), la réalisatrice décrit des rapports familiaux compliqués, taiseux, peu démonstratifs, à l’origine d’un malaise perceptible mais jamais criard.

Christophe Narbonne
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Salauds de pauvres

Douze sketches réalisés par douze auteurs différents sur le thème de la pauvreté. Parmi les signatures connues : Patrice Leconte, Sophie Forte, ou encore Christophe Alévêque. L’ensemble est porté par un humour vache inégal qu’incarne notamment Alévêque, réalisateur du très mauvais Parlons-en, parodie de débat télévisé sociétal tournant au vinaigre, et acteur du rigolo Le Greffé, sur un homme riche et malade, exploitant la misère du tiers-monde pour se faire transplanter des organes.

Christophe Narbonne
affiche l'autre continent
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L'autre continent

C’est un film qui débute comme une comédie romantique délicieusement exotique. La rencontre à Taïwan de deux expatriés : Maria (Deborah François, savoureuse), guide experte en néerlandais et Olivier (Paul Hamy, charismatique en diable) parlant 14 langues. Elle est aussi impatiente qu’il est timide. C’est donc elle qui fait le premier pas et les suivants. Toujours et encore elle qui permet la naissance d’une histoire d’amour puissante et profonde qui devra bientôt faire face à la maladie : la leucémie diagnostiquée chez Olivier. Et c’est précisément ici que le film trouve ses limites.

Thierry Chèze
Parasite Affiche
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Parasite

Bong Joon-ho aime les mélanges et l’impureté.

Gael Golhen
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Piranhas

Après une demi-douzaine de films primés en festivals (dont l’excellent Fiore en 2016), Claudio Giovannesi semble avoir décidé de s’aventurer sur les traces de Matteo Garrone. Après avoir réalisé deux épisodes de la deuxième saison de Gomorra, le voici aux commandes de sa propre adaptation d’un roman de Roberto Saviano (auteur du roman dont est tirée la série).

Thierry Chèze
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Être vivant et le savoir

Ne l’appelez plus cinéaste. Depuis 2000 et son choix de ne plus tourner qu’avec sa seule petite caméra DV, Alain Cavalier se définit lui- même comme un « filmeur ».

Thierry Chèze
affiche godzilla 2 roi des monstres
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Godzilla II - Roi des Monstres

La Terre est menacée par une horde de Titans, créatures... euh, titanesques hautes comme des gratte-ciels, dotées de pouvoirs cosmiques et d'humeur destructrice. Monarch, une compagnie militaro-scientifique, utilise le lézard géant Godzilla pour empêcher les Titans de détruire la Terre. Pas question de reprocher une milliseconde à Godzilla II : Roi des monstres ce pitch hautement improbable, amoureux que nous sommes des blockbusters gigantesques au parfum estival.

Sylvestre Picard