2
Critique Mardi 20 Février 2007 11:25:00 am

Après le très british Vanity Fair, la réalisatrice d’origine indienne Mira Nair revient aux sources du déracinement avec une fresque familiale d’une tiédeur éprouvante. Lente bien qu’elliptique, sa fresque distille un ennui savamment dosé, à renforts de dialogues lénifiants et de petits secrets sans grand intérêt. C’est évidemment en Inde qu’elle se révèle le plus à l’aise, laissant virevolter sa caméra au gré des mariages traditionnels, des célébrations au bord du Gange ou dans les rues de Calcutta.

Félicien Cassan
0
Critique Mardi 20 Février 2007 11:22:00 am

Ne vous fiez pas au décolleté plongeant de l’affiche du film. Le film est bien moins croquignolet qu’il n’en a l’air. Bâti sur le principe marabout-bout de ficelle, Entre adultes lorgne tel un borgne du côté de La Ronde d’Ophuls en rapportant sous forme de saynètes tout ce qu’il y a de plus triste, de plus moche et de plus cliché au sein d’un couple. Qu’est-il arrivé au brillant réalisateur du Bleu des villes et de Je ne suis pas là pour être aimé? Entre adultes... pas du tout consentant.

Stéphanie Lamôme
2
Critique Mardi 20 Février 2007 11:20:00 am

La première arnaque de cette comédie musicale consiste à vendre Beyoncé Knowles comme “leading actress”, alors que c’est la rondouillarde ex American idol Jennifer Hudson qui tient le haut du pavé. La deuxième réside dans l’indigence du scénario, à peine masquée par des numéros musicaux qui n’en finissent pas de ne pas finir. La troisième, c’est qu’on n’entend même pas du Diana Ross. Heureusement qu’Eddie Murphy sauve (un peu) la party.

Stéphanie Lamôme
4
Critique Mardi 20 Février 2007 11:18:00 am

Après le point de vue 100 % ricain, le deuxième volet du diptyque d’Eastwood raconte la bataille côté nippon. Film de guerre ? Oui, mais pas seulement. Ou plus que ça. Dans un magnifique clair-obscur (digne des maîtres du cinéma japonais), Eastwood réussit un gros film intimiste, un blockbuster humaniste dont chaque plan impose le respect et l’admiration. Pas un gramme d’exotisme, très peu de violence : juste une désolation et une mélancolie qui transcendent tout.

Gael Golhen
4
Critique Mardi 20 Février 2007 11:16:00 am

Ça fait trente ans que William Friedkin dissèque l’obsession et la folie de ses contemporains. Avec des hauts (Police fédérale Los Angeles, l’Exorciste ou French Connection) et des bugs (le nullissime Jade). Bug fait partie des premiers. En adaptant une pièce intello de Broadway, Billy le dingue offre le film parano le plus glaçant qu’on ait vu depuis Fight Club. Coincé dans une chambre avec ses deux personnages, ce chef-d’œuvre claustro est un pur défi de cinéma, un huis-clos hallucinatoire dont même les dérapages grand-guignolesques frappent juste.

Gael Golhen
2
Critique Lundi 19 Février 2007 5:08:00 pm

Après les Fils du vent, le réalisateur de Scorpion laisse de côté le free running au profit du free fight. Son deuxième long métrage est-il pourtant si différent ? Fidèle à lui-même, Julien Séri nous impressionne ici non pas avec des prouesses vertigineuses mais à grand renfort de scènes de combat impressionnantes, privilégiant encore la forme au fond. Sorte de mix entre Rocky et Fight Club, Scorpion laisse malgré tout une impression de déjà-vu.

Eve Gimenez
4
Critique Lundi 19 Février 2007 4:48:00 pm

Pour ceux qui reprochent au cinéma français son manque de culot, Julien Seri et son producteur Cédric Jimenez ont tenté l’impossible: imaginer un film d’action romantique où tout, de la violence aux sentiments, est extrême. Un long-métrage avec une furieuse envie de vous en coller une (les combats, tétanisants, dont chaque coup fait vibrer l’estomac) sans pour autant sacrifier l’épaisseur de ses personnages (la petite touche féminine d’un script signé Sylvie Verheyde).

Mathieu Carratier
4
Critique Mercredi 14 Février 2007 1:52:00 pm

Jamie Foxx et Beyoncé Knowles : duo de choc ? Dans cette reprise d’une comédie musicale des années 80 la révélation, c’est plutôt Jennifer Hudson. Pas étonnant qu’elle ait reçu la récompense de la meilleure actrice dans un second rôle aux Golden Globes ! Dreamgirls de Bill Condon est son premier film et, pourtant, elle vole la vedette à Beyoncé. Le spectateur se laisse envoûter par son interprétation de I Love You, I Do, déclaration d’amour destinée à Curtis (Jamie Foxx). Si la performance masculine de ce dernier est correcte, c’est Eddie Murphy qui monopolise l’attention.

Eve Gimenez
2
Critique Mercredi 07 Février 2007 3:42:00 pm

Il fallait oser. Le réalisateur Zhang Yimou abandonne les fresques épiques (Hero, Le Secret des poignards volants) pour mettre en scène une véritable tragédie classique. Autour d’intrigues de palais et d’amours contrariées, le cinéaste déploie sans retenu son sens esthétique et sa très grande maîtrise des couleurs. Bien sûr, décors et costumes sont magnifiques, mais le rythme lancinant de l’ensemble à la limite du soporifique fait amèrement regretter le caractère épique de ses précédentes réalisations.

Jean-François Morisse
3
Critique Jeudi 01 Février 2007 5:00:00 pm

Tel un Nestor Burma viennois, Brenner est un semi-clochard à l’esprit caustique, anar et anticlérical. A la demande d’une veuve qui n’a pas digéré la mort suspecte de son mari, il infiltre un séminaire pour y découvrir un vaste réseau d’activités très peu catholiques. Carton en Allemagne, où le comédien principal est très populaire , Silentium devrait séduire les amateurs de thriller grâce à un récit alerte pimenté de satire.

Gérard Delorme
4
Critique Jeudi 01 Février 2007 10:46:00 am

Première séquence du film: inexpressif et méthodique, Wiesler mène avec succès l’interrogatoire d’un traître présumé. (…) Au contact de Dreymann, Wiesler se décrispe. Dans une scène poignante où il écoute l’auteur jouer du Beethoven, le salaud prend conscience de ce qu’il est: un être inculte et misérable. C’est un moment clé où la dimension humaniste du film éclipse son aspect clinique. (…) l’auteur privilégie l’objectivité au sentimentalisme. Un cinéaste à suivre.

Christophe Narbonne
3
Critique Jeudi 01 Février 2007 10:45:00 am

Dramaturge, romancier et essayiste à succès, Éric-Emmanuel Schmitt se lance un nouveau défi en passant derrière la caméra, son rêve de gosse. (…) Bien que souvent maladroit, Odette Toulemonde possède un charme indéniable. Il le doit pour l’essentiel aux interprètes mais aussi à la qualité des dialogues et à quelques jolies idées de mise en scène.

Christophe Narbonne
4
Critique Jeudi 01 Février 2007 10:43:00 am

Ceux pour qui Édith Piaf se résume à un accordéon dans le métro ne savent pas encore combien ils ont tort. Sans pour autant réaliser un film fleuve, Olivier Dahan se charge de nous rappeler à quel point la vie de Piaf était un roman. (…) S’il fallait trouver un défaut, ce serait celui de cette qualité: le scénario est tellement efficace que l’on n’a pas le temps de souffler. (…) Techniquement, le film est aussi une complète réussite. La mise en scène de Dahan réserve des plans-séquences à donner le tournis.(…).

Stéphanie Lamôme
2
Critique Jeudi 01 Février 2007 10:39:00 am

Texas, 1969. Retour sur les origines de Leatherface et de sa famille de dégénérés cannibales aux prises avec leurs premières victimes, quatre jeunes s’offrant une dernière virée avant d’être envoyés au Vietnam. Ce prequel du remake (ça devient technique) était censé développer la mythologie entourant le tueur à la tronçonneuse... Plus soucieuse d’enrichir son compte bancaire, l’équipe du film se contente de décalquer l’épisode précédent, la folie en moins, l’ennui en plus (pas évident de tourner un film avec son portefeuille, cela dit...) Un massacre donc.

Mathieu Carratier
3
Critique Jeudi 01 Février 2007 10:36:00 am

Après la suite (Hannibal), le prequel (Dragon Rouge), voici le pré-prequel du Silence des Agneaux, ou comment un orphelin inoffensif est devenu le cannibale le plus célèbre de l’histoire du cinéma. Sur cette lancée, Thomas Harris, romancier autrefois inspiré à l’origine de la saga, se contente de broder une histoire de vengeance lambda. La mise en scène de Webber et l’interprétation d’Ulliel ont beau briller par moments, la chair est triste. On s’attendait à un hors-d’œuvre de premier choix, on nous sert des cacahuètes. Amenez-moi le patron!

Mathieu Carratier
4
Critique Mercredi 31 Janvier 2007 2:28:00 pm

Ce Molière n'est pas une biographie de l'auteur du Malade imaginaire. Encore moins un portrait idéalisé. À la question : « Qu’est-ce qui vous a séduit dans le personnage de Molière ? » Romain Duris répond : « Sa lâcheté ». Et, c’est en effet le côté humain de Molière qui séduit le spectateur. Directement inspiré de l’esprit de l’auteur, le film de Laurent Tirard est avant tout une fiction. Comme John Madden avec Shakespeare in Love (1995), le réalisateur de Mensonges et trahisons et plus si affinités...

Eve Gimenez
4
Critique Jeudi 25 Janvier 2007 11:36:00 am

La créature et son créateur, l’air est connu, mais la chanson, ici, a une tout autre saveur. Il faut dire que le scénario de Zach Helm, savamment tricoté, est une merveille d’intelligence (…) C’est absurde et drôle, comme la rencontre d’acteurs aussi différents qu’Emma Thompson, Will Ferrell, Maggie Gyllenhaal et Dustin Hoffman. Et c’est plausible et émouvant, comme un adulte renfrogné qui découvre la douceur d’un verre de lait accompagné d’un cookie fait maison.

Isabelle Danel
2
Critique Mercredi 24 Janvier 2007 7:20:00 pm

Cette histoire d’un père qui se bat pour avoir la garde de sa fille s’inspire de celle d’un ami, mais, comme toujours, René Féret filme l’intime. La vie, ici, est observée au plus près (via une caméra DV). Les interprètes, le ton, les dialogues, tout est juste. C’est aussi juste un peu «court» côté fiction et cinéma, malgré une scène admirable qui donne le frisson entre Jean-François et Salomé Stévenin.

Isabelle Danel
4
Critique Mercredi 24 Janvier 2007 7:18:00 pm

Social et politique, le premier film de Corneliu Porumboiu, caméra d’or à Cannes, est un état des lieux lucide, cruel et drôle. Il n’y a pas une, mais plusieurs versions de l’histoire. Et au bout du compte ne restent que les hommes. Émouvants, désenchantés et qui font ce qu’ils peuvent...

Isabelle Danel
4
Critique Mercredi 24 Janvier 2007 7:16:00 pm

Après Bye bye Africa et Abouna, débuts très prometteurs, Mahamat-Saleh Haroun signe un film remarquable (prix spécial du jury à Venise). Sans être ni illustratif ni décoratif, il nous plonge dans l’Afrique d’aujourd’hui, sa pauvreté, sa dureté, son irrépressible légèreté aussi. (…) Il y a de la parabole dans Daratt, pourtant ancré dans une réalité concrète et palpable à l’image.

Isabelle Danel
3 Critique Mercredi 24 Janvier 2007 7:15:00 pm

Sur ce film règne une actrice de 84 ans, entre la tornade et le raz-de-marée. Théâtreuse uruguayenne repérée récemment dans Conversations avec ma mère, China Zorrilla possède une énergie, une drôlerie et une élégance de jeu impressionnantes. L’absence de scénario est comblée par l’envoûtante présence de ce personnage qui en pince pour un «jeunot» de 72 ans. Elle fait tout passer. Même un hommage plus que casse-gueule à La dolce vita, de Fellini.

Isabelle Danel
3
Critique Mercredi 24 Janvier 2007 7:11:00 pm

Caméra coup-de-poing, brutalité sèche et éclairs de violence: Le Serpent est d’abord un pur exercice de style et Éric Barbier bastonne le spectateur à coups de plans léchés et d’uppercuts sensoriels ultraréférentiels (Hitchcock, De Palma, Les Nerfs à vif, de Jack Lee Thompson...) Dans toute cette avalanche de néopolars français, Le Serpent est sans doute celui qui a le plus de style. (…) un bon thriller...

Gael Golhen
3
Critique Mercredi 24 Janvier 2007 7:11:00 pm

L’intérêt de ce programme iranien pour enfants réside dans ses différentes formes d’animation. Dans Bahador, qui dépeint une société totalitaire avec des souris, il s’agit de marionnettes animées; dans Compagnon, parabole autour de la Genèse, de personnages en pâte à modeler; dans Rentrons chez nous, récit animalier écolo, de dessin animé traditionnel. Malgré leur aspect presque rudimentaire au regard de l’évolution des techniques, ces petits films artisanaux livrent aux bambins un enseignement précieux: à chaque technique, son émotion et sa sensibilité.

Christophe Narbonne
3
Critique Mercredi 24 Janvier 2007 7:09:00 pm

Bryan Barber, réalisateur des clips du groupe Outkast, accompagne naturellement leur première incursion au cinéma, aussi ambitieuse et foutraque que leurs albums. Un peu comme si Moulin Rouge s’était décidé à accueillir un siècle de black music: ragtime, rap, swing et breakdance se cherchent des poux dans des séquences musicales assez inouïes. Le reste l’est malheureusement un peu moins...

Mathieu Carratier
4
Critique Mercredi 24 Janvier 2007 7:08:00 pm

Récompensé à Venise pour sa prestation dans ce film, le sous-estimé Ben Affleck se fond à merveille dans la peau de ce Reeves si proche de lui. (…) En face, Adrien Brody réinvente, par son jeu instinctif, le personnage poussiéreux du détective privé. Quant à Bob Hoskins, en mogul mafieux de la MGM, et à Diane Lane, son épouse délaissée, ils apportent la part de venin nécessaire à tout bon polar qui se respecte. Très classique, certes, mais diablement efficace.

Christophe Narbonne
4
Critique Mercredi 24 Janvier 2007 7:08:00 pm

Fur («fourrure» en français) est le fantasme d’un cinéaste qui connaît suffisamment bien son sujet pour s’en éloigner. (…) À la fois conte de fées, portrait psychanalytique, biographie et mélo, Fur contient en germe tout ce qui constituera l’oeuvre dérangeante de Diane Arbus (…).

Stéphanie Lamôme
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Critique Mercredi 24 Janvier 2007 7:07:00 pm

Cette première œuvre d’une jeune réalisatrice, présentée au festival de Cannes cette année est une curiosité. Longs plans fixes où deux vieillards attendent que la pluie vienne, que leur fils rentre de la guerre, que le vent chasse la chaleur et que la chienne cesse d’aboyer… Exigeant et aride certes, mais formellement superbe.

Isabelle Danel
4
Critique Mercredi 24 Janvier 2007 7:06:00 pm

Le projet est clair: parachuter Taxi Driver dans la cité des anges – déchus, forcément – où le fantôme du Vietnam a été chassé par le cauchemar irakien. Dans un rôle particulièrement exigeant, Christian Bale confirme qu’il incarne mieux que personne les bombes à retardement. Il trône sur un film volcanique, fâché avec les concessions, dont on sort l’estomac à l’envers avec un arrière-goût de sang dans la bouche. Pas fréquent.

Mathieu Carratier
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Critique Mercredi 24 Janvier 2007 7:05:00 pm

Pour avoir réuni Catherine Keener, Frances McDormand, Joan Cusack et Jennifer Aniston dans le même film, il sera beaucoup pardonné à la réalisatrice de Walking and Talking et de plusieurs épisodes de «Six feet under». Est-ce suffisant pour aimer cette fable bancale sur l’argent qui ne fait pas le bonheur mais y contribue? Pas sûr. Essayant de ne juger personne, la réalisatrice s’enfonce dans la platitude et, finalement, les lieux communs.

Isabelle Danel
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Critique Mercredi 24 Janvier 2007 7:04:00 pm

Servi par ses interprètes habituels (au top) et un script au cordeau, To mène son récit sans laisser de place à ses habituelles digressions, culminant avec deux scènes d’une intensité effrayante. La conclusion, particulièrement ironique est un message aux Hong-Kongais: «On n’échappe pas à son passé.» On ne sait pas s’il faut se sentir rassuré.

Gérard Delorme