2 Critique Mercredi 21 Mars 2007 9:41:00 am

Le film est disponible en DVD depuis octobre dernier. Vous vous demandez pourquoi il sort en salles aujourd’hui? Eh bien, nous aussi.

Mathieu Carratier
2
Critique Mercredi 21 Mars 2007 9:28:00 am

La cinéaste narre l’histoire d’un fermier taciturne qui adopte un gamin pour soulager son mutisme et sa mélancolie. Surprise, le môme est interprété par... Darry Cowl, dans son dernier rôle. Nostalgie et fantaisie sont censées entamer un séduisant pas de deux, mais le film, hélas, se prend les pieds dans le tapis.

Félicien Cassan
2
Critique Mercredi 21 Mars 2007 9:27:00 am

Début du siècle dernier. Des hordes d’Italiens misérables embarquent sur de grands bateaux overdosés de souffrances et d’utopie. Destination: l’Amérique et le fantasme d’une existence plus douce. Certaines scènes témoignent d’une inspiration réelle, mais le film, écrasé sous ses intentions esthétiques, lasse à force de surenchères. Intéressant, oui. Emphatique, oui aussi.

Gérard Delorme
4
Critique Mercredi 21 Mars 2007 9:26:00 am

Étranger aux modes et aux recettes, Jérôme Bonnell défend un cinéma dont le minimalisme apparent recèle une profondeur et une maturité saisissantes. Sa démarche? Chercher la vérité des personnages. Bannir les effets dramatiques. Faire confiance à l’intelligence et à l’intuition du spectateur. Au travers d’actes quotidiens filmés dans leur banalité et leur continuité (peu de champs-contrechamps, beaucoup de silences, mais aussi des moments drôles), il donne du relief à l’indicible et à ce qui est enfoui.

Christophe Narbonne
4
Critique Mercredi 21 Mars 2007 9:21:00 am

Le récit est épique, haletant, les personnages se dessinent peu à peu, le documentaire devient fiction, polar, thriller... Christian Rouaud les filme en plans fixes. Associe ou entrechoque leurs souvenirs. Confronte ces derniers aux images d’archives où on les reconnaît, en noir et blanc, enflammés, engagés et souriants, identiques quoique plus jeunes. Le cinéaste dresse des portraits de gens ordinaires qui n’ont pas seulement cru aux lendemains, mais les ont fait exister. L’élan extraordinaire de leur «ici et maintenant» ne date pas d’hier mais pourrait nous inspirer. Pour demain?

Isabelle Danel
4
Critique Mercredi 21 Mars 2007 9:20:00 am

Avec Ensemble, c’est tout, adapté du succès colossal d’Anna Gavalda, Claude Berri offre un remontant à une France d’aujourd’hui happée par le désarroi. Et signe un autoportrait qui exalte la vitalité du minuscule, déniche l’espoir sous le «presque rien». Le film résonne comme une incitation à vivre, avec les autres, à sa hauteur, malgré ses citernes d’amertume et ses durillons au cœur. (…) Claude Berri, qui connut les eaux noires de la dépression et enrôle dans cette fiction son propre orthophoniste filme cette drôle de greffe avec une énergie dépourvue de sensiblerie.

Sophie Grassin
4
Critique Mardi 20 Mars 2007 4:36:00 pm

La mode est au biopic et Chris Noonan a choisi d’en réaliser un. Pourtant, son film est extraordinaire. Le spectateur se laisse séduire par cette femme, Beatrix Potter, dont la vie est encore relativement méconnue dans notre verte contrée. Les scènes d’animation rendent l’œuvre de cette légende de la littérature enfantine plus vivante. Ce mélange des genres donne un ton léger au film. La qualité du film doit beaucoup à la prestation de Renée Zellweger dans les scènes dramatiques aussi bien que comiques.

Eve Gimenez
3
Critique Jeudi 15 Mars 2007 1:23:00 pm

Avec son dispositif façon puzzle (les split screen, les allers retours temporels) Alpha Dog regarde des ados snifer, faire la teuf et l'amour et finalement flinguer un gamin innocent. Pourtant, l'intérêt n'est pas dans le dispositif, ni dans la "caution réelle", mais dans la façon dont Nick Cassavetes regarde ses personnages vivre des clichés sans en être, capte des moments de doute et de conflit moral de manière renversante. Il le doit à ses deux acteurs qui crèvent l'écran.

Gael Golhen
4
Critique Jeudi 15 Mars 2007 12:22:00 pm

Après les graphic novels chers à nos amis d’outre-Atlantique, il y a désormais les graphic movies. 300 est avant tout une performance visuelle, un conte épique qui emprunte à l’Histoire pour très vite lorgner du côté du fantastique. Pas question ici de psychologie des personnages ou de subtilités scénaristiques, 300 est un plaisir brut et brutal, une épopée du XXIe siècle superbement mise en image. On ne ressort curieusement pas transporté par ces moments de bravoure. Il ne manquait pas grand-chose pour que ce 300-là devienne culte.

Jean-François Morisse
2
Critique Lundi 12 Mars 2007 5:02:00 pm

Le Come-back se contente d’aligner les clichés de la comédie romantique sans trop se fatiguer. C’est drôle (un peu), mou (beaucoup), et le discours potentiellement intéressant sur le retour en grâce des has-been n’est que brièvement esquissé. Restent les comédiens: Drew Barrymore, absolument géniale face à un Hugh Grant impérial (l’âge profite définitivement au comédien). Bref, à part ça, on dira gentiment que ce Come-back n’a pas vraiment un goût de revenez-y!

Gael Golhen
3
Critique Lundi 12 Mars 2007 5:01:00 pm

Si l’on s’attache aux protagonistes, ce n’est pas seulement pour la proximité effrayante qu’ils entretiennent avec nous. Par chance, au lieu de céder au drame, Dagur Kári privilégie la demi-teinte. Grâce à sa poésie spontanée, entre méditation et humour, le charme déborde du cadre. L’emploi du noir et blanc contraste avec des personnages hauts en couleur en quête d’une nouvelle réalité. Inventif, Dark Horse est un film profondément humain... Et une réussite, dans son genre.

Gérard Delorme
3
Critique Lundi 12 Mars 2007 4:58:00 pm

Porté par des dialogues subtils et une Hilary Swank idoine, Écrire pour exister véhicule un discours progressiste bienvenu, mais formaté pour Hollywood (didactisme lourdaud, musique démonstrative...). De la part de Richard LaGravenese, scénariste de Sur la route de Madison, on pouvait espérer moins scolaire.

Nicolas Schaller
4
Critique Lundi 12 Mars 2007 4:56:00 pm

Entre science-fiction et film d’horreur, ce documentaire sans paroles et sans musique nous entraîne dans l’industrie agroalimentaire européenne d’aujourd’hui. Ces ouvriers aux visages impassibles, aux gestes réguliers, gagnent leur pain quotidien en fabriquant le nôtre. Chaque image est belle et terrible, magnifiquement composée et cadrée par Nikolaus Geyrhalter, documentariste au regard acéré qui aime montrer
«les lieux et les espaces que l’on n’a pas l’habitude de voir».

Isabelle Danel
3
Critique Lundi 12 Mars 2007 4:53:00 pm

La première partie (le drame intimiste), plutôt réussie, oppose l’indécision narcissique du beau Jude à la mélancolie de Robin Wright Penn dans un huis clos tendu et joliment mis en scène. Mais quand Minghella se prend pour Mike Leigh ou Stephen Frears, le résultat n’est pas à la hauteur...

Gael Golhen
4
Critique Mercredi 07 Mars 2007 11:40:00 am

Parfois des gestes anodins se transforment en drames. Vous oubliez d’enlever les miettes du petit-déjeuner et, de fil en aiguille, divorcez au dîner. C’est un peu cela Alpha Dog. Un regard grave et pourtant teinté de dérision sur ces choses qui nous échappent et perdent toutes proportions. Il faut passer outre cette mise en scène, véritable reconstitution de faits divers et voir, au travers du jeu juste des acteurs, un étrange drame du quotidien.

Jean-François Morisse
4
Critique Lundi 05 Mars 2007 2:20:00 pm

Dans ce film court et inclassable, cette fable en apesanteur sur la beauté et la légitimité de l’étrangeté, une jeune femme qui se croit «incomplète» découvre avec grâce qu’être plurielle n’empêche pas d’être unique.

Isabelle Danel
4
Critique Lundi 05 Mars 2007 2:18:00 pm

À l’aide d’une caméra mobile, proche des acteurs, Bier colle au désarroi de personnages confrontés à des choix identitaires brutaux. Avec une intransigeance qui l’honore, elle fuit l’émotion facile pour révéler l’humanité diffuse qui sommeille en chacun d’eux.

Christophe Narbonne
2
Critique Lundi 05 Mars 2007 2:16:00 pm

Pour se débarrasser de sa fâcheuse aptitude à déclencher l’hilarité au moindre de ses mouvements de sourcils, Jean Dujardin devra choisir des projets plus substantiels que ce premier long bancal et embarrassant.
Peu aidé par des dialogues grammaticalement corrects mais dramatiquement dysfonctionnels, l’acteur joue un flic traumatisé par le viol et le meurtre de sa fille. L’affaire est classée avec la condamnation d’un suspect, que l’inspecteur s’obstine à innocenter.

Gérard Delorme
4
Critique Lundi 05 Mars 2007 2:14:00 pm

Pour son premier long métrage, Martial Fougeron s’empare d’un (très) rude sujet. Évite – et on l’en remercie – le pathos dégoulinant et la sensiblerie. Reste fidèle à un classicisme un rien timide qui, toutefois, a l’immense mérite de laisser place nette à l’histoire (plus que forte) et à la relation fiévreuse entre les protagonistes (idem).

Olivier de Bruyn
4
Critique Lundi 05 Mars 2007 2:12:00 pm

Jamais anachronique, plus classe que classique, le film de Curran se paie le luxe de paraître moderne alors qu’il se déroule dans la Chine de 1925. Les décors naturels sont éblouissants, comme le duo de comédiens, possédé par une fièvre assez rare sur les écrans.

Mathieu Carratier
4
Critique Lundi 05 Mars 2007 2:10:00 pm

Aux antipodes du film-dossier (genre «les années sida»), André Téchiné empoigne les destins de ses protagonistes, acteurs et témoins d’une histoire qui leur appartient et pourtant les dépasse. Il met en scène l’angoisse et la douleur, mais aussi (surtout) l’énergie du désir et les pulsions vitales. Le film avance à un rythme d’enfer. Provoque des rencontres brûlantes. Cogne le gris des nuits contre le jaune du soleil et de la robe de Sarah. Comme souvent chez Téchiné, les comédiens se surpassent.

Olivier de Bruyn
2
Critique Jeudi 01 Mars 2007 10:35:00 am

Gros nanar sévèrement atrophié, Ghost Rider déchire sans peine la concurrence des adaptations marveliennes sur le terrain de la nullité. Mark Steven Johnson avait déjà commis l’incroyable Daredevil, il remet ça avec un Nicolas Cage insipide (pléonasme ?) en motard diabolique. 120 millions de dollars plus tard, il ne reste rien d’autre qu’une vilaine pétarade pyrotechnique, entre un mauvais épisode de Buffy contre les vampires et un bon vieux congrès de bikers à « mullet » et tatouages d’aigles.

Félicien Cassan
2
Critique Mardi 27 Février 2007 5:02:00 pm

Que sont allées faire Cate Blanchett et Judi Dench dans ce film schizo ? Entre la satire de moeurs à la Closer (du même auteur, Patrick Marber) et le thriller psychologique à la Misery, le cœur de Chronique d’un scandale balance. Et finit par vaciller sous les coups de boutoir d’un scénario de plus en plus lourd, d’une mise en scène à la va-comme-j’te-pousse, d’une musique emphatique et hors sujet de Philip Glass et de seconds rôles masculins exécrables (qu’est-il arrivé à Bill Nighy?). Restent deux grandes actrices, cabotines virtuoses.

Nicolas Schaller
0
Critique Mardi 27 Février 2007 11:31:00 am

A l’époque de l’apartheid, l’état policier faisait son travail, c’est-à-dire qu’il transformait des moutons en loups. C’est ce que raconte Philip Noyce avec cette histoire vraie d’un contremaître faussement accusé de sabotage. Harcelé par un policier trop zélé (Tim Robbins), il rejoint la résistance. Sorti il y a 25 ans, ce thriller politique raisonnablement mouvementé aurait été l’équivalent de Blood diamond. Aujourd’hui, il sent terriblement le réchauffé.

Gérard Delorme
2 Critique Mercredi 21 Février 2007 8:11:00 pm

Il faut bien l’admettre, on nous a déjà fait le coup. Schizophrénie et amnésie semblent inspirer les scénaristes depuis belle lurette. On les comprend, l’accessoire est commode pour créer des situations abracadabrantesques comme dirait l’autre. En utilisant ces thèmes et en y ajoutant par moment un traitement graphique qui fait instantanément penser à Sin City, le père Schumacher jouait avec le feu. Même si Jim Carrey reste magistral dans ce registre très proche d’Eternal Sunshine, le tout manque curieusement de consistance.

Jean-François Morisse
4
Critique Mardi 20 Février 2007 7:20:00 pm

Consciemment ou non, Friedkin a convoqué les thèmes de tous ses films les plus emblématiques dans ce huis-clos adapté d’une pièce de théatre : la contamination de Cruising, la possession (et la tentative de guérison) de l’Exorciste, la corruption de Vivre et mourir à LA. Au premier plan, il est question de la paranoïa américaine d’aujourd’hui, le tout comprimé dans l’espace d’une chambre de motel. Pas besoin de secouer, la démence qui se nourrit d’elle-même prend une telle densité qu’on pourrait marcher dessus. Ashley Judd trouve le rôle de sa vie.

Gérard Delorme
4
Critique Mardi 20 Février 2007 7:10:00 pm

Après avoir montré le point de vue des assaillants, Eastwood adopte celui des défenseurs, comblant un vide qui se faisait sentir depuis longtemps. Même s’ils ressemblent plutôt aux deux faces d’un même film, les deux épisodes se mettent mutuellement en valeur, leur somme composant d’une certaine façon le premier film de guerre en relief. Incidemment, il faut admirer la performance technique : d’avoir réussi à diriger un film entier dans une langue qui n’est pas la sienne prouve à quel point Clint est un bon directeur d’acteurs.

Gérard Delorme
3
Critique Mardi 20 Février 2007 2:31:00 pm

Contrairement aux apparences, Azul n’est pas un conte bleu. Plutôt une fable contemporaine et poétique. Tous les personnages du film sont enfermés physiquement ou mentalement dans un monde où leurs rêves ne deviennent jamais réalité. L’univers carcéral qui est dépeint dans Azul plonge le spectateur dans une ambiance pesante. Les images et dialogues crus dont Daniel Sanchez Arévalo abuse, comme beaucoup de réalisateurs espagnols de l’époque postfranquiste, renforcent cette atmosphère glauque.

Eve Gimenez
0
Critique Mardi 20 Février 2007 11:29:00 am

Très (trop) peu de temps après un chaperon rebelle, des nains-phomanes et un rat cynique, voilà qu’on nous ressert un melting-pot de toutes les histoires enfantines. Il faudrait songer à juguler la production à la chaîne de films d’animation détournant les contes de fées. Dans la mouture de cette semaine, on crie fort et on s’agite bêtement pour couvrir le manque de rythme et d’originalité. Courage, Shrek 3 arrive en juin !

Félicien Cassan
0
Critique Mardi 20 Février 2007 11:26:00 am

Un fermier muet et taciturne parle uniquement à sa mère et aux enfants (sic). Il décide donc d’en adopter un pour se soigner. Mais l’enfant, c’est Darry Cowl dans son dernier rôle (re-sic). Cette fantaisie en sépia flirte constamment avec l’abscons. En voulant mêler nostalgie douce et folie pince-sans-rire, la réalisatrice Delphine Gleize (Carnages, 02) se prend les pieds dans le tapis. On en ressort hébété, à l’image d’Artus de Penguern tout au long du film.

Félicien Cassan