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Le voyage du Prince

Si vous ne vous rappelez pas les détails de l’univers du Château des singes, premier long de Jean-François Laguionie sorti en juin 1999, ce n’est pas bien grave tant sa suite se pense comme un film indépendant. Et le film se chargera de vous faire pénétrer en douceur dans son monde, par le truchement du prince d’un royaume simiesque ambiance Renaissance, échoué sur le rivage d’un autre pays, une espèce de dictature scientifique qui a atteint le niveau technologique de la fin du 19ème siècle.

Sylvestre Picard
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La famille Addams

Bonne idée : avoir confié les clés du reboot de La Famille Addamsà l’équipe de Sausage Party. Mauvaise idée : s’inspirer des inoffensives productions Illumination et faire passer les Addams pour des cousins du Gru de Moi, moche et méchant.

Sylvestre Picard
It must be heaven - Elia Suleiman
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It must be heaven

It must be heavencommence là où Le temps qu’il reste(le précédent film de son réalisateur) finissait. À Nazareth, dans la maison de sa mère où notre héros découvre que son voisin vient tailler et arroser son citronnier sans lui demander son avis. Une métaphore à peine voilée des relations compliquées avec le voisin israélien. Et le point de départ parfait d’une oeuvre souvent drôle et totalement désespérée, pour laquelle Elia Suleiman a retrouvé la grâce d’Intervention divine. Il y a beaucoup de Monsieur Hulot dans le personnage qu’interprète le cinéaste palestinien.

Sophie Benamon
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Un été à Changsha

Découvert à Cannes, ce premier long du Chinois Zu Feng s’ouvre comme un polar classique. Un bras est retrouvé dans un fleuve et deux policiers vont mener une enquête au fil de la découverte des membres épars du corps de la victime. On se situe alors dans l’ombre de figures tutélaires écrasantes comme Memories of Murder. Mais c’est précisément lorsque le film semble étouffer sous les codes du genre qu’il part ailleurs.

Thierry Chèze
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Seules les bêtes

Après s’être aventuré du côté des séries télé (TunnelEden) et de la comédie azimutée (Des nouvelles de la planète Mars), Dominik Moll revient à son genre de prédilection avec ce thriller racontant la disparition mystérieuse d’une femme dans les Causses et les destins entremêlés d’une poignée d’individus réunis par la fatalité.

Frédéric Foubert
brooklyn affairs affiche
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Brooklyn Affairs

« C’est comme si un anarchiste vivait dans ma tête », dit Lionel Essrog (Edward Norton), le détective privé atteint du syndrome de La Tourette, héros de Brooklyn Affairs, pour expliquer pourquoi il ne peut pas s’empêcher de ponctuer sa conversation d’interjections incompréhensibles ou de lapsus grossiers. Un clin d’oeil à peine voilé à Fight Club et, plus généralement, au goût qu’a toujours eu l’acteur pour les personnages intranquilles, « dérangés », perturbés par leurs pensées en fusion.

Frédéric Foubert
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Made in Bangladesh

Made in Bangladeshappartient à la catégorie des films à sujet inattaquable qui peuplent les palmarès des festivals (cf. Cannes 2019), et dont la sincérité de ceux qui les réalisent ne souffre d’aucune discussion. La réalisatrice dépeint ici le combat d’une jeune femme employée d’une usine de textile bangladaise, aux conditions de travail déplorables. Malgré la pression menaçante de son employeur et l’opposition de son mari, elle va tenter d’y créer un syndicat.

Thierry Chèze
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Ceux qui nous restent

Début 2013. Le personnel du Méliès, le cinéma public de Montreuil, entre en grève pour protester contre la suspension jugée abusive de quatre de ses salariés. Un long bras de fer commence entre les employés et la mairie, conquise cinq ans plus tôt par Dominique Voynet... Dans la longue lignée des documentaires consacrés à des mouvements sociaux vécus de l’intérieur, Ceux qui nous restentalterne les scènes collectives (de lutte, de réflexion, de rencontres avec les spectateurs, de séances publiques) et les moments plus intimes.

Christophe Narbonne
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Le meilleur reste à venir

Le tandem Delaporte-De La Patellière n’a pas arrêté depuis le succès du Prénom, en 2012. Dans l’intervalle, les deux auteurs ont été appelés au chevet de Papa ou Maman (dont ils ont musclé le scénario de départ, écrit la suite et showrunné la série), écrit à quatre mains Un illustre inconnu (réalisé en solo par Matthieu) et signé deux pièces de théâtre (Un dîner d’adieuTout ce que vous voulez).

Christophe Narbonne
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Le meilleur reste à venir

Le tandem Delaporte-De La Patellière n’a pas arrêté depuis le succès du Prénom, en 2012. Dans l’intervalle, les deux auteurs ont été appelés au chevet de Papa ou Maman (dont ils ont musclé le scénario de départ, écrit la suite et showrunné la série), écrit à quatre mains Un illustre inconnu (réalisé en solo par Matthieu) et signé deux pièces de théâtre (Un dîner d’adieuTout ce que vous voulez).

Christophe Narbonne
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Les Reines de la nuit

Les « reines de la nuit », ce sont ces transformistes filmés par la documentariste Christiane Spièro, à la fois sur scène (costumés et sublimés en Dalida, Sylvie Vartan, Amy Winehouse, Liza Minnelli…) et à la ville, une fois démaquillés, à nu, sans public ni prejecteur. « Chez les transformistes, il y a des hommes virils, des efféminés, des “un peu ou beaucoup” opérés, des transgenres, des transsexuels, des jeunes, des vieux, des beaux, des laids, des maigres, des gros », explique la réalisatrice.

Frédéric Foubert
affiche chanson douce
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Chanson douce

Adapter, c’est trahir. Encore plus quand il s’agit d’un prix Goncourt récent très médiatisé. Et, dès les premières minutes de ce Chanson douce, on perçoit que Lucie Borleteau a décidé de suivre ce principe pour raconter la relation entre un couple avec deux enfants en bas âge et la nounou qu’ils ont engagée. Une perle rare dévouée et consciencieuse dont les réactions vont devenir de plus en plus angoissantes.

Thierry Chèze
GALERIE
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L'Orphelinat

Trois ans après le remarquable Wolf and Sheep, l’Afghane ShahrbanooSadat continue à raconter son pays par le prisme de l’enfance. Cap sur Kaboul, en 1989, époque charnière entre la fin du régime prosoviétique et la prise de pouvoir par les moudjahidine. Qodrat, gamin débrouillard, gagne sa (sur)vie en trafiquant des tickets de cinéma avant de se faire arrêter et d’être conduit dans cet « orphelinat ». À l’ambiance onirique de Wolf and Sheep succède ici une forme bien plus passe-partout qui ne transcende jamais le fond de son propos.

Thierry Chèze
GALERIE
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Indianara

Présenté dans la sélection de l’ACID au dernier Festival de Cannes, ce documentaire suit deux ans du quotidien de la Brésilienne Indianara Siqueira, une militante LGBT qui a ouvert un lieu de refuge pour les trans à Rio. Aude Chevalier-Beaumel et Marcelo Barbosa la filment sous la mandature du président Michel Temer, prédécesseur de Bolsonaro, où les droits des LGBT avaient déjà régressé. Glissant leur caméra au coeur des préparations de manifs, des cortèges et des fêtes, mais aussi d’enterrements, le tandem donne à voir une vie arc-en-ciel.

Sophie Benamon
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Tenzo

Drôle d’objet que ce Tenzo à mi-chemin entre le documentaire, la fiction plus ou moins assumée et le spot publicitaire pour la culture zen. Le spectateur passe ainsi son temps à essayer de démêler le pourquoi du comment et n’écoute que d’une oreille distraite ce qui est censé se jouer. À moins que le portrait en miroir de ces deux bonzes de l’école bouddhiste de Sôtô au Japon (une référence mondiale et ancestrale en matière de zen) ne lui passe gentiment au-dessus de la tête.

Thomas Baurez
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Last Christmas

C’est une rencontre au sommet : un scénario d’Emma Thompson porté à l’écran par Paul Feig (Mes meilleures amies), qui sait faire briller les personnages féminins. Une comédie romantique de Noël où, alors que le monde entier semble se liguer contre elle, une jeune femme rencontre à Londres un garçon qui semble lire en elle comme dans un livre ouvert et dont elle va tomber amoureuse. À la manière de Music of my Life avec Bruce Springsteen, le scénario malin (jusque dans son twist final bien amené) joue avec les chansons de George Michael.

Thierry Chèze
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Proxima

À chaque film, Alice Winocour aime explorer de nouveaux territoires. Son premier long, Augustine racontait les relations entre le professeur Charcot et sa patiente atteinte d’hystérie dans la France de la fin du XIXe siècle. Son deuxième, Maryland, était un thriller paranoïaque centré sur la relation entre un garde du corps atteint de stress post-traumatique à son retour d’Afghanistan et la femme qu’il devait protéger.

Sophie Benamon
affiche à couteaux tirés
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À couteaux tirés

Depuis Les 8 Salopards et le remake du Crime de l’Orient-Express par Kenneth Branagh, il semblerait que le « film Cluedo » soit de nouveau à la mode. Un drôle de genre, aux contours un peu flous (ses représentants vont du Limier à Huit Femmes) et dont on ignore jusqu’au nom (whodunit ? murder mystery ?). On sait juste que, de loin, il sent l’encaustique et le défilé d’acteurs célèbres en pull de Noël.

Frédéric Foubert
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The Darkest

Sur un sujet approchant ceux de Midsommar et de Koko -Di Koko-Da (un couple désuni est éprouvé lors d’un séjour qui vire au cauchemar), The Darkest démontre l’incapacité récurrente des cinéastes français à jouer avec le genre. L’absence de moyens, ici patente, n’explique pas tout -l’exemple ancien de Blair Witch Project a prouvé qu’elle pouvait même être un atout. Il n’y a dans The Darkest aucun élément susceptible de provoquer le frisson.

Christophe Narbonne
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Sympathie pour le diable

Peu après Camille de Boris Lojkine, les reporters de guerre ont de nouveau les honneurs du grand écran avec ce premier long centré sur une légende du métier : Paul Marchand (Niels Schneider, remarquable) plongé dans le quotidien sanglant de la guerre en ex-Yougoslavie en 1992. Un homme intègre, engagé et cassant envers ses collègues trop prompts à se mettre en scène pour raconter l’horreur. Lui ne transige pas avec son sens du devoir.

Thierry Chèze
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Freedom

Pour son premier long, l’Australien Rodd Rathjen s’offre un double défi : un sujet imposant (l’exploitation humaine moderne) dans une culture qui n’est pas la sienne (l’action se déroule au Cambodge). Et sa réussite n’en est que plus remarquable. Freedom raconte la quête d’indépendance d’un Cambodgien de 14 ans qui, étouffant dans la rizière où il travaille avec sa famille, aspire à un autre horizon : un boulot mieux payé dans une usine en Thaïlande. Mais il ne verra jamais ce singulier eldorado. Piégé par son passeur, il est vendu comme esclave à un capitaine de chalutier.

Thierry Chèze
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Wonder Boy, Olivier Rousteing, né sous X

Directeur artistique de la maison Balmain dont chaque défilé est un événement, Olivier Rousteing est l’une des figures majeures de la mode française. Il n’a donc pas usurpé le surnom de wonder boy, qui donne son titre à ce documentaire. Mais derrière ce faste et ce glamour, Olivier Rousteing a longtemps caché une faille de plus en plus béante au fil du temps : ce petit garçon noir a été adopté par une famille bordelaise blanche à l’âge d’un mois. Et il décide, la trentaine passée, d’entreprendre les démarches pour retrouver ses parents biologiques.

Thierry Chèze
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Gloria Mundi

On peut appréhender un film de Robert Guédiguian de deux manières : soit en le rattachant d’emblée à un corpus qui voit des visages familiers évoluer depuis près de trente ans dans un même périmètre (les faubourgs de Marseille) au gré des bouleversements de la société, soit en entrant comme par effraction dans ce « petit » théâtre de la condition humaine et se sentir tout aussi à son aise. Ce cinéma-là se répond à lui-même et se régénère constamment. On avait cru néanmoins avec la crépusculaire Villa qu’une parenthèse s’était refermée.

Thomas Baurez
4 La reine des Neiges II

Il y a 6 ans, le monde a vécu à un véritable raz-de-marée : une comédie musicale digne de Broadway célébrait le girl power en animation. Depuis, les chansons de La Reine des neiges ne sont jamais sorties de la tête du public. Une suite était donc logique et espérée. Ou redoutée, c’est selon.

Sophie Benamon
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In Fabric

Après le blouson serial killer du Daim, la robe rouge meurtrière d’In Fabric. À travers l’itinéraire de ce vêtement qui finit par tuer ceux qui le portent, instrument d’un complot nébuleux ourdi par les vendeurs maléfiques d’un grand magasin (imaginez les sorcières de Suspiria au Bon Marché), l’esthète anglais Peter Strickland remet sur le métier ses obsessions fétichistes : érotomanie, couleurs primaires, révérences au giallo, personnages égarés dans un labyrinthe de sensations morbides.

Frédéric Foubert
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Temporada

On parlera de petit miracle, de ceux qui permettent de tout sublimer, de restituer chaque émotion sans avoir l’air de nous l’asséner. Temporada, ce titre exprime à lui seul une certaine langueur, un espace-temps qui s’étire. On suit ici Juliana, qui intègre une équipe d’employés au service municipal de la propreté d’une métropole brésilienne. Le job l’oblige à faire du porte-à-porte, à se retrouver face à des habitants pas toujours sympas, à observer des morceaux d’intimité qui la renvoient souvent à sa propre solitude.

Thomas Baurez
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Les Misérables

« Jusqu’ici tout va bien. Mais l’important c’est pas la chute, c’est l’atterrissage. » En 1995, La Haine se concluait par ces mots terriblement prémonitoires, dix ans avant les émeutes de Clichy-sous-Bois et Montfermeil qui allaient embraser la banlieue parisienne. Ladj Ly, petit gars de Montfermeil qui y a documenté une bavure policière en 2008, a décidé à son tour de prendre les armes pour raconter « sa » banlieue.

Christophe Narbonne
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Les Misérables

« Jusqu’ici tout va bien. Mais l’important c’est pas la chute, c’est l’atterrissage. » En 1995, La Haine se concluait par ces mots terriblement prémonitoires, dix ans avant les émeutes de Clichy-sous-Bois et Montfermeil qui allaient embraser la banlieue parisienne. Ladj Ly, petit gars de Montfermeil qui y a documenté une bavure policière en 2008, a décidé à son tour de prendre les armes pour raconter « sa » banlieue.

Christophe Narbonne
affiche vivre et chanter
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Vivre et chanter

Découvert lors du dernier Festival de Cannes où il était présenté à la Quinzaine des réalisateurs, ce film chinois a été un petit choc esthétique. Le cinéphile occidental habitué à arpenter le pays via les errances de Jia Zhangke ou plus récemment les plans-séquences hypnotiques de Bi Gan ou de Hu Bo, avait peut-être oublié qu’une certaine légèreté pouvait aussi surgir du cadre.

Thomas Baurez
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Anthropocène - L'époque humaine

L’image est terrible : une église est détruite par un bras mécanique surpuissant. Assiste-t-on à un acte terroriste dans une région reculée du Moyen-Orient ? Non, cela se passe en Allemagne, de nos jours, dans la plus parfaite transparence. Cette église était le dernier vestige d’un village rayé de la carte pour favoriser l’expansion d’une gigantesque mine à ciel ouvert. Ainsi va notre monde « civilisé » qui sème la graine de sa propre destruction en exploitant les ressources terrestres de façon exponentielle.

Christophe Narbonne