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Seule à mon mariage

Présenté dans la section de l’ACID lors de Cannes 2018, ce premier long métrage de fiction d’une documentariste de formation aligne tous les poncifs du film social sur la misère économique et sexuelle du monde occidental. Une jeune roumaine, fuyant son pays, sa mère toxique et sa maternité encombrante, y fait la rencontre sur internet d’un Belge célibataire -et évidemment malheureux. Et Marta Bergman d’enchaîner les rebondissements attendus au cours d’un récit incroyablement long, qui nous fait voir avec force démonstration le monde dans toute sa laideur et sa médiocrité.

Christophe Narbonne
El Reino (affiche)
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El Reino

Grand gagnant des derniers Goya (les César espagnols) avec sept trophées, El Reino de Rodrigo Sorogoyen dresse un portrait sans concession du monde politique espagnol, corrompu jusqu’à l’os. Nul doute qu’en découvrant les péripéties du protagoniste englué dans une affaire de détournement d’argent, certains élus ont dû se sentir mal dans leur fauteuil de cinéma (si tant est qu’ils mettent les pieds dans une salle obscure).

Thomas Baurez
Raoul Taburin
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Raoul Taburin

Dans cette adaptation du roman graphique de Sempé, Benoît Poelvoorde incarne un réparateur de vélos porteur d’un lourd secret : son incapacité à tenir sur une selle. Quand un ami photographe (Édouard Baer) lui demande de prendre la pose en situation (c’est-à-dire prêt à avaler le bitume, guidon en mains), Raoul Taburin se retrouve au pied du mur. L’argument, aussi mince et fragile qu’une chambre à air, s’il tenait la route sur les pages illustrées de Sempé, convoquant l’imaginaire du lecteur, s’écroule un peu à l’écran.

Christophe Narbonne
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L'époque

Avec son premier long métrage documentaire, Matthieu Bareyre propose une incursion dans une époque – la nôtre – qu’on croit à tort connaître par cœur à force de la voir scrutée et analysée en boucle dans le fil continu des chaînes d’info. Trois années de tournage nocturne, de 2015 à 2017, du lendemain de l’attentat de Charlie Hebdo à l’élection présidentielle. Trois années passées à filmer la jeunesse parisienne, à échanger avec elle, mais en sachant se faire discret pour lui laisser toute la place.

Thierry Chèze
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Menocchio

Parmi toutes ses vertus, le film de l’Italien Alberto Fasulo sur la figure d’un hérétique du XVIe siècle redonne au cinéma sa force picturale primitive. Tel le Dreyer de La Passion de Jeanne d’Arc faisant des visages un monde en soi, Menocchio tente de sonder les mystères de la foi – donc de l’âme – en regardant l’homme au fond des yeux. Nous voici face à un meunier lettré du Frioul, qui affirme que l’enrichissement de l’Église est un détournement de la parole de Dieu.

Thomas Baurez
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Le cercle des petits philosophes

Le philosophe Frédéric Lenoir part à la rencontre d’écoliers pour animer des ateliers durant lesquels il débat de questions existentielles et essentielles avec les enfants. Ça sert à quoi le maquillage ? Les cauchemars ? Pourquoi on meurt ? Pourquoi on existe ? « La mort, ça sert à mettre un terme à toutes nos souffrances » dit un petit garçon dont le recul et la lucidité sont globalement partagés par ses petits camarades, étonnants commentateurs de notre condition humaine.

Christophe Narbonne
AFFICHE
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Première campagne

Au service politique de France 2 en 2016, Astrid Mezmorian se voit confier une mission que ses nouveaux collègues n’ont pas le temps de couvrir : les premiers pas dans la course à l’Élysée d’un ministre de l’Économie fraîchement démissionnaire, un certain Emmanuel Macron. Ce documentaire relate les coulisses de la campagne pour la présidentielle 2017 par le prisme de ce baptême du feu. Mais Première Campagne reste trop à la surface de son sujet pour convaincre. Il ne raconte rien de plus qu’on ait déjà lu ou vu sur le off des campagnes, tant du côté politique que journalistique.

Thierry Chèze
Liz et l'oiseau bleu affiche
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Liz & l'Oiseau bleu

Les préjugés ont la vie dure. Si l’on vous dit que Liz et l’oiseau bleu est l’adaptation d’une série animée nommée Sound ! Euphonium, qui raconte la vie des membres d’un orchestre lycéen se préparant à un grand concours de musique classique, on s’attend à voir une fable pleine d’action, où de jeunes musiciens travaillent comme des fous pour remporter le concours sur le fil après une finale hyper tendue... Heureusement, les auteurs de Liz et l’oiseau bleu ont beaucoup plus d’imagination, de sensibilité et de talent que nous.

Sylvestre Picard
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Working Woman

C’est une histoire hélas banale : le harcèlement sexuel subi par la nouvelle recrue d’un patron d’une agence immobilière. Une histoire banale pour un film qui ne l’est pas. D’abord parce que sa réalisatrice décrit au scalpel le jeu initié par ce prédateur soufflant le chaud et le froid pour brouiller les pistes, et l’incapacité de sa victime à réagir, à la fois parce qu’elle se sent coupable et qu’elle a besoin de ce travail pour maintenir sa famille à flot.

Thierry Chèze
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Alpha : The right to kill

Brillante Mendoza nous a habitués à son style documentaire rugueux au service de polars empreints de réalisme social. Récemment, ces derniers semblent particulièrement inspirés par la sanglante lutte contre la drogue livrée par les autorités philippines. En 2016, Ma’ Rosa – qui a valu à Jaclyn Jose un prix d’interprétation à Cannes – montrait une mère de famille forcée de trafiquer de la méth pour survivre. L’an dernier, sa série Amo racontait la descente aux enfers d’un ado.

Sophie Benamon
Tanguy 2
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tanguy le retour

Depuis le premier Tanguy, dix-huit ans se sont écoulés. Dans l’intervalle, Étienne Chatiliez est sérieusement rentré dans le rang et Éric Berger est retourné jouer au théâtre et les utilités au cinéma. Dire qu’on attendait leur retour serait exagéré, indifférence visiblement prise en compte par le distributeur qui n’a pas montré le film à la presse, alimentant les craintes les plus folles à son sujet. Déflorons tout de suite le suspense (inexistant) : Tanguy, le retour est conforme aux attentes, ni bon ni mauvais.

Christophe Narbonne
Simetierre affiche
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Simetierre

Stranger Things et le carton phénoménal de Ça ont définitivement relancé la Stephen King-mania, présente ces jours-ci à tous les étages de l’industrie, de la série Castle Rock (un jeu de pistes méta dans l’univers du maître de l’horreur) à la suite de Shining, Docteur Sleep, que peaufine actuellement Mike Flanagan.

Frédéric Foubert
Alex, le destin d'un roi
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Alex, le destin d'un roi

Attack the Block avait montré l’horizon esthétique de Joe Cornish : les productions Amblin mais remixées pour la génération hip-hop ; du spectaculaire et un émerveillement candide ; une passion pour les mythes (pop ou plus anciens) réinventés à travers un univers de gamers et de souvenirs cinéphiles. C’est le cas une fois de plus avec ce nouveau film qui ressemble d’ailleurs à un fantasme d’ado. Alex est un collégien de 12 ans qui se fait un peu martyriser par les élèves de sa classe. Un jour, il tombe sur une épée magique qu’il extraie d’un bloc de béton.

Gael Golhen
GALERIE
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La Familia

À force de jouer avec le feu dans les rues agitées de Caracas, un ado de 12 ans a fini par s’y brûler. Un mot de trop, un geste malvenu et le voilà qui blesse gravement un garçon d’une favela proche. Une agression appelée à ne pas rester impunie et qui pousse son père à l’exfiltrer du quartier pour échapper à cette vengeance. La Familia raconte le face-à-face orageux de ce père tentant de canaliser son fils qui le méprise pour sa propension à toujours s’écraser pour sauver leur peau.

Thierry Chèze
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Les oiseaux de passage

Obnubilés par les cartels colombiens – usines à thrillers peuplés de mafieux sanguinaires – et sa seule figure de proue, Pablo Escobar, le cinéma et la télévision ne se sont jamais vraiment intéressés aux racines du mal. Ces Oiseaux de passage de Ciro Guerra et Cristina Gallego – respectivement réalisateur et productrice de L’Étreinte du serpent en 2015 – est une épopée divisée en plusieurs chants retraçant la carrière d’un petit revendeur d’alcool qui va devenir, à partir de la fin des années 60, un trafiquant de drogue de haut vol.

Thomas Baurez
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Royal Corgi

On connaît la passion de la reine d’Angleterre pour les corgis, Ben Stassen (Le Voyage extraordinaire de Samy) en a tiré une histoire aussi iconoclaste que rocambolesque. Rex, chien favori de sa Majesté (avec la voix de Guillaume Gallienne), perd son statut après avoir refusé d’honorer la chienne de Melania Trump et mordu les parties intimes du président des États-Unis ! Entraîné par son ami Charlie, il fuit le palais de Buckingham et finit par atterrir dans un chenil aux pensionnaires étonnants.

Sophie Benamon
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Blanche comme neige

Anne Fontaine aime varier les genres et les ambiances. Ainsi, après avoir filmé l’enfer vécu par des religieuses polonaises violées pendant la Seconde Guerre mondiale (Les Innocentes), puis adapté non sans audace Marvin ou la belle éducation d’Édouard Louis (En finir avec Eddy Bellegueule), la réalisatrice s’aventure dans une relecture de Blanche-Neige des frères Grimm.

Thierry Chèze
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Le vent de la liberté

Nous sommes en 1979. Deux familles d’Allemagne de l’Est rêvent de passer à l’Ouest et décident, pour cela, de construire une montgolfière, de repérer la nuit avec des vents porteurs et de survoler la frontière pour retomber de l’autre côté. Michael « Bully » Herbig (qui détient avec Qui peut sauver le Far West ? le record pour un film allemand au box-office de son pays) n’a pas inventé ce scénario en apparence abracadabrantesque. Les familles Strelzyk et Wetzel ont bel et bien entrepris cette singulière expédition la nuit du 16 septembre 1979.

Thierry Chèze
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Ray & Liz

Photographe de la décadence humaine, Richard Billingham est célèbre pour avoir « exposé » ses parents dans la misère de leur vie : alcooliques, ne montrant aucun signe d’affection pour leurs enfants et isolés dans une société thatchérienne qui déclassait très rapidement. Il y revient dans son premier film, Ray & Liz. Celui-ci s’ouvre sur la chambre d’un vieillard qui reste couché toute la journée et reçoit les visites régulières d’un homme venu lui livrer des bouteilles en plastique remplies d’un jus saumâtre.

Thomas Baurez
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Les grands squelettes

Composé principalement d’images arrêtées, le film de Philippe Ramos invite à une analogie avec La Jetée de Chris Marker. Si le procédé est le même, le rapport aux personnages et à l’action diffère. Ici, la voix off illustre l’intériorité des êtres – hommes et femmes – pris au hasard de leur solitude respective. La mise en scène de Ramos (Fou d’amour) pénètre leur intimité secrète. Le mouvement des mots dynamise des images a priori neutres, soudain dotées d’une vitalité secrète.

Thomas Baurez
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Genèse

C’est un film d’une ambition inouïe mais jamais pris en défaut sur un sujet qu’on pourrait pourtant croire épuisé par le cinéma : les premières amours adolescentes. Découvert avec Les Démons, chronique fascinante sur l’enfance, Philippe Lesage fait mieux que confirmer tous les espoirs placés en lui. Sa foi dans le cinéma lui permet de faire fi de toute référence écrasante, de faire imploser son cadre narratif.

Thierry Chèze
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J'veux du soleil

Quatre ans après le carton Merci patron ! son réalisateur François Ruffin a littéralement crevé l’écran. L’homme de 43 ans est devenu une figure médiatique et politique adepte du coup d’éclat. On se souvient peut-être de son maillot de foot porté à l’Assemblée Nationale. Devenu député rattaché à la France insoumise, il mène une croisade sans relâche contre le pouvoir en place. Cela ne l’a pas empêché de s’être laissé surprendre par le mouvement dit des gilets jaunes.

Thomas Baurez
Shazam affiche
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Shazam !

Il était permis d’avoir les plus gros doutes sur Shazam ! vu sa promo qui promettait un mélange entre Deadpool et Kick-Ass, à base de blagues mille fois recuites sur un ado capable de se transformer en superhéros au look nanar. La surprise est d’autant plus forte.

Sylvestre Picard
captive state affiche
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Captive State

Dix ans après que la Terre a été colonisée par les envahisseurs extraterrestres, une poignée de rebelles organise la résistance dans Chicago occupé... Réalisateur assez insaisissable, expert en recyclage (on lui doit le premier volet du reboot de La Planète des singes, le pilote de la série L’Exorciste, un remake du Flambeur...), Rupert Wyatt mixe ici film d’invasion alien et atmosphère young adult. Des jeunes à l’air grave et en sweat à capuche errent dans la ville, espionnés par un super-flic joué par John Goodman. Et les E.T. ?

Frédéric Foubert
captive state affiche
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Captive State

Dix ans après que la Terre a été colonisée par les envahisseurs extraterrestres, une poignée de rebelles organise la résistance dans Chicago occupé... Réalisateur assez insaisissable, expert en recyclage (on lui doit le premier volet du reboot de La Planète des singes, le pilote de la série L’Exorciste, un remake du Flambeur...), Rupert Wyatt mixe ici film d’invasion alien et atmosphère young adult. Des jeunes à l’air grave et en sweat à capuche errent dans la ville, espionnés par un super-flic joué par John Goodman. Et les E.T. ?

Frédéric Foubert
 Los silencios affiche
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Los Silencios

Alors que la question des populations « déplacées » occupe une place centrale dans le débat politique, ce long métrage sud-américain apporte sa pertinente et singulière pierre à l’édifice. On y suit une Colombienne forcée de fuir avec ses enfants – mais sans son mari disparu – la guerre civile de son pays pour s’installer dans une petite île au milieu de l’Amazonie. La première partie de Los Silencios raconte, tel un documentaire, le quotidien rugueux de cette nouvelle vie en exil forcé, les regards méfiants des autochtones...

Thierry Chèze
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Tel-Aviv on fire

Salam est un Palestinien de 30 ans qui vit toujours chez sa mère à Jérusalem. Un brin cossard, il s’est fait pistonner par son oncle comme stagiaire sur le tournage de LA série arabe à succès... dont il va devenir le scénariste. Mais chaque jour, pour se rendre sur le plateau à Ramallah, il doit franchir un check-point tenu par un officier israélien dont la famille – juive – ne rate aucun épisode de ce Plus belle la vie local.

Thierry Chèze
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Chamboultout

En 98, les Têtes raides sortaient un album qui annonçaient des lendemains qui chantent. Chamboultou plongeait le spectateur au cœur d’un drôle de paradoxe : mélanger musique populaire et délire arty (la langue précieuse et absconse) pour finalement tout laisser en ordre et... ne rien chambouler. C’est la même impression d’étrangeté qui domine devant le Chamboultout (avec un t cette fois-ci) d’Éric Lavaine. Ça commence comme une « dramédie ».

Gael Golhen
AFFICHE
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Tito et les Oiseaux

Parabole sur la violence (dont le Brésil est largement victime), ce film d’animation raconte comment un enfant va tenter de sauver son pays d’une épidémie qui touche les gens qui ont peur. Comment ? Grâce à une machine permettant de décrypter les messages des oiseaux, détenteurs, il en est sûr, d’une solution miracle... Un peu trop littérale et fourre-tout, cette fable évoque pêle-mêle le discours médiatique anxiogène, l’idée de transmission (le père du héros est un inventeur idéaliste) et l’utopie écolo.

Christophe Narbonne
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Terra Willy - Planète inconnue

Embarqué avec ses parents à bord d’un vaisseau spatial, le petit Willy est brutalement éjecté de l’appareil en détresse suite à une pluie d’astéroïdes. Sa capsule de secours atterrit en catastrophe sur une planète inconnue dont il va découvrir les dangers et les attraits en compagnie de Buck, son robot de survie. Sur place, il se prend d’amitié pour une drôle de bestiole, entre le chien et le mille-pattes, qu’il surnomme Flash.

Christophe Narbonne